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Les urgentologues appuient le ministre

Bernard Mathieu
Photo courtoisie Bernard Mathieu, médecin.

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L’Association des médecins d’urgence du Québec (AMUQ) appuie sans réserve l’ajout temporaire de lits dans les unités de soins, voire dans les bureaux de CHSLD, comme mesure de désengorgement des urgences.

«On salue l’initiative courageuse du ministre Hébert qui force l’ensemble du réseau à faire de la surcapacité pour se donner une marge de manœuvre en période de pointe. Cela touche directement une de nos demandes», affirme le président de l’AMUQ, le Dr Bernard Mathieu.

«Le principe de base n’est pas de mettre les patients dans les placards, mais à la bonne place. Quand cela déborde aux urgences, il faut une soupape de sécurité afin de donner des soins plus sécuritaires», argue le Dr Mathieu, qui est rattaché à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal.

Selon lui, ce n’est pas normal que l’urgence soit occupée à 170 %, pendant que le reste de l’hôpital l’est à 95 %.

Le problème le plus criant aux urgences est le manque de lits sur les étages. Or, plusieurs patients en fin de soins aigus occupent des lits pendant quelques semaines en attente d’une place en CHSLD ou en réadaptation.

«Des patients dans les corridors d’unités de soins ou dans des locaux de CHSLD, c’est mieux que dans les corridors de l’urgence. Lorsqu’un patient âgé passe 48 heures sur une civière à l’urgence, son temps de récupération est allongé de deux semaines», soulève le Dr Mathieu.

Une étude réalisée dans un hôpital new-yorkais auprès de 2000 patients placés en surcapacité sur les étages a montré que la moitié d’entre eux ont obtenu un lit en dedans d’une heure, alors qu’il n’y avait, semble-t-il, aucun lit disponible, rapporte-t-il.

«Lorsqu’il y a de la pression, cela bouge plus vite et on peut récupérer des espaces qu’on ne pensait pas avoir. Le manque de lits est une réponse un peu facile. Commençons par bien les gérer», opine le Dr Mathieu.

Risques accrus

Dans une urgence congestionnée, les risques d’erreur de médicaments, de dossiers, sont plus grands, note-t-il encore.

«Parfois, on a des patients instables qu’on ne peut installer nulle part. Le fait d’attendre plus de six heures à l’urgence un lit aux soins intensifs peut avoir un impact sur la condition du patient», décrit le Dr Mathieu.

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