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Wo, wo, wo, ma p’tite Julie!

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Julie, notre professeure-blogueuse au courage incontestable, n’a pas encore fini de lire et de répondre aux nombreux commentaires suscités par sa compilation des choses que le corps professoral n’ose pas déclamer tout haut aux parents d’aujourd’hui.

Julie, notre professeure-blogueuse au courage incontestable, n’a pas encore fini de lire et de répondre aux nombreux commentaires suscités par sa compilation des choses que le corps professoral n’ose pas déclamer tout haut aux parents d’aujourd’hui.

La déferlante de commentaires recensés depuis 15 jours est tout de même la preuve de l’importance du sujet.

Méfiance, incompréhension, rivalité. Il n’y a pas grand-chose de plus délicat que les relations entre parents et enseignants. Et rien n’indique que cela va s’améliorer de sitôt.

Julie est tout de même fière, sans le dire ouvertement, d’avoir forcé bon nombre de familles à se questionner, à échanger et à discourir sur leur rôle à eux, auprès de leurs petits dans leur apprentissage ainsi que leur relation avec l’enseignant.

Éveil des consciences

Mais notre maman-prof-blogueuse en a lu de toutes les couleurs : des profs heureux de ne plus se sentir seuls dans leur univers chaotique, en passant par des parents déboussolés et inquiets, mais aussi des intervenants sévères et parfois même pas mal méchants.

Allons voir cela de plus près.

Commençons par un peu de positif quand même. Il y a de belles lancées comme cette dame enseignante à la retraite qui remercie Julie d’avoir exprimé ce dont son cœur était chargé depuis beaucoup trop longtemps. Il y a bien quelques tuteurs qui, le cœur gros, ont dit espérer un éveil des consciences pour ralentir notre «vie de fou» afin de redonner à nos jeunes tout le temps dont ils ont besoin pour s’émanciper.

Mais les reproches au corps professoral de la part des parents sont nombreux et sentis :

- Nous n’avons pas tous des emplois qui nous libèrent à 15 h.

- Mon fils parlait bien mieux avant d’entrer à l’école. Qu’avez-vous fait?

- L’école multiplie les réunions et se déresponsabilise. Le bien-être de nos enfants, c’est où dans vos priorités?

- Si vous n’aimez pas vos conditions, faites comme nous, changez de job pis sacrez-nous patience.

- Je n’ai pas 2-3 mois de vacances, moi. Je travaille, moi. Et fort. Et je n’ai pas de «pédagogiques» aux deux semaines, moi.

- J’ai des enfants qui heureusement cheminent très bien à l’école et je vois bien que toute cette réussite vient de moi et de mon conjoint.

Mais attendez, comme dit la pub télé, vous n’avez encore rien vu (et du plus personnel et vicieux) :

- Au fond, madame Julie, vous n’avez pas l’ouverture et l’amour nécessaires pour accompagner les jeunes. Méritez-vous vraiment d’avoir des enfants?

- Je m’en vais m’occuper de mes enfants. Sachez, madame Julie, que je n’ai pas le temps de m’amuser à tenir de blogue, MOI.

- Les parents sont vos clients. Sans eux, vous n’auriez pas de travail! Respectez-les donc un peu plus, Madame Julie.

- Les professeurs ont des jobs de rêve et veulent nous faire la morale? Wo, minute!

Formule caricaturale

Julie, comme plusieurs de ses collègues, est indisposée par ces remises en cause régulières des compétences du corps enseignant.

Malmenés dans leur vie professionnelle, sociale, amoureuse, les parents surprotègent leurs enfants. Et ils attendent des éducateurs qu’ils posent sur leur progéniture un regard aussi émerveillé que le leur.

D’où une incompréhension et une exigence grandissantes à l’égard des profs. «Mon fils est le meilleur, s’il ne réussit pas, c’est que son prof est nul.» La formule est caricaturale, mais reflète ce que pensent bon nombre de parents.

Le pire, c’est qu’en critiquant ouvertement les enseignants, ils autorisent l’enfant à en faire autant.

Joyeuses catastrophes, oui! (www.joyeusescatastrophes.com)

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