/lifestyle/books
Navigation
BD

Documentaire-choc

Documentaire-choc

Coup d'oeil sur cet article

BD
Documentaire-choc
Dans le cadre de sa 26e édition, le Festival de bande dessinée francophone de Québec projettera Sous les bulles, l’autre visage du monde de la BD, un documentaire qui vaut à lui seul le détour dans la vieille capitale. La cinéaste française Maiana Bidegain y braque les projecteurs sur le côté sombre de l’industrie du neuvième art.
Jean-Dominic Leduc
collaboration spéciale

D’abord présenté en grande première au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en janvier dernier, ce documentaire-choc a fait beaucoup de bruit, avec raison d’ailleurs. Car l’état de cette industrie, que plusieurs croient à tort florissante, n’est certes pas réjouissant.

Lectrice de bande dessinée depuis fort longtemps, la documentariste Maiana Bidegain vit avec le scénariste Joël Callède depuis cinq ans. Sa traversée du miroir fut intimement liée à la production de ce film. C’est en découvrant le quotidien des artisans et les rouages de cette industrie qu’elle s’est lancée tête première dans cette formidable entreprise en 2010, en compagnie de son conjoint, également coauteur du film, histoire de tirer la sonnette d’alarme.

Surproduction

Avec l’arrivée massive du manga en territoire francophone au début des années 2000, la production d’albums a implosé, passant de 1500 nouveautés à 5000. Par année! Les grands éditeurs franco-belges ont donc emboîté le pas, contrant l’invasion nippone par une production accrue. Résultat? Les librairies croulent sous les nouveautés, la durée de vie des albums en est dramatiquement réduite, la multiplicité des titres fragmente le marché, le lectorat stagne alors que la publication emprunte une courbe ascendante, et les artisans en paient le prix fort. Car ils peinent de plus en plus à gagner leur vie avec ce métier. Les avances sont réduites. Plusieurs doivent se trouver un second emploi, ce qui freine le processus de création. Mais voilà: n’est pas Sfar, Trondheim, Vivès qui veut.

À court terme, ce sont les éditeurs qui empochent. Mais au rythme où vont les choses, l’industrie fonce inexorablement vers la crise.

Documentaire

Le documentaire lève le voile sur la complexité de la chaîne du livre. Éditeurs, diffuseurs, distributeurs, détaillants, auteurs, lecteurs sont autant de jalons abordés dans le film. Produit en partenariat avec BD Gest, le film de 56 minutes a joui d’un financement web de 14 000 euros. Pour l’instant, Sous les bulles sillonne le parcours des festivals. Mais la documentariste travaille à la diffusion télévisuelle et à la production du DVD.

C’est un immense privilège que le FBDFQ offre à ses festivaliers. Car cette réalité brillamment décriée dans ce film nous touche directement. Notre bande dessinée doit composer, pour ne pas dire rivaliser, avec cette sempiternelle arrivée massive de nouveaux titres européens, asiatiques et américains. L’excellent documentaire de Maiana Bidegain soulève de nombreuses questions et incite à la réflexion. 

Les projections auront lieu au Salon international du livre de Québec le 12 avril 16 h 30 et le 13 avril à 17 h. Cette seconde représentation sera suivie d’une causerie sur l’état de la bande dessinée.

Au programme du 26e FBDFQ

Les bédéphiles auront une fois de plus amplement de quoi se mettre sous la dent lors de cette 26e édition qui se tiendra du 10 au 14 avril prochain dans la vieille capitale. Expositions (Guy Delisle, Fred Jourdain, Motel Galactic, Passionrougeman, Boni, Djief Bergeron, Journal de Spirou), concert dessiné, joutes d’impro-BD, Prix Bédéis-Causa et causeries sont au programme. Seront également présents de nombreux auteurs étrangers, dont Libon, Pénélope Bagieux, Frédéric Boilet, Benjamin Adam, en plus d’une soixantaine d’auteurs d’ici. Le tandem Iris & Zviane en profitera d’ailleurs pour lancer un chapitre inédit de 22 pages de l’Ostie d’Chat.

Bref, une nouvelle édition sous le signe de la découverte, nous assure son président, Thomas-Louis Côté.

www.fbdfq.com

Dans le cadre de sa 26e édition, le Festival de bande dessinée francophone de Québec projettera Sous les bulles, l’autre visage du monde de la BD, un documentaire qui vaut à lui seul le détour dans la vieille capitale. La cinéaste française Maiana Bidegain y braque les projecteurs sur le côté sombre de l’industrie du neuvième art.

D’abord présenté en grande première au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en janvier dernier, ce documentaire-choc a fait beaucoup de bruit, avec raison d’ailleurs. Car l’état de cette industrie, que plusieurs croient à tort florissante, n’est certes pas réjouissant.

Lectrice de bande dessinée depuis fort longtemps, la documentariste Maiana Bidegain vit avec le scénariste Joël Callède depuis cinq ans. Sa traversée du miroir fut intimement liée à la production de ce film. C’est en découvrant le quotidien des artisans et les rouages de cette industrie qu’elle s’est lancée tête première dans cette formidable entreprise en 2010, en compagnie de son conjoint, également coauteur du film, histoire de tirer la sonnette d’alarme.

Surproduction

Avec l’arrivée massive du manga en territoire francophone au début des années 2000, la production d’albums a implosé, passant de 1500 nouveautés à 5000. Par année! Les grands éditeurs franco-belges ont donc emboîté le pas, contrant l’invasion nippone par une production accrue. Résultat? Les librairies croulent sous les nouveautés, la durée de vie des albums en est dramatiquement réduite, la multiplicité des titres fragmente le marché, le lectorat stagne alors que la publication emprunte une courbe ascendante, et les artisans en paient le prix fort. Car ils peinent de plus en plus à gagner leur vie avec ce métier. Les avances sont réduites. Plusieurs doivent se trouver un second emploi, ce qui freine le processus de création. Mais voilà: n’est pas Sfar, Trondheim, Vivès qui veut.

À court terme, ce sont les éditeurs qui empochent. Mais au rythme où vont les choses, l’industrie fonce inexorablement vers la crise.

Documentaire

Le documentaire lève le voile sur la complexité de la chaîne du livre. Éditeurs, diffuseurs, distributeurs, détaillants, auteurs, lecteurs sont autant de jalons abordés dans le film. Produit en partenariat avec BD Gest, le film de 56 minutes a joui d’un financement web de 14 000 euros. Pour l’instant, Sous les bulles sillonne le parcours des festivals. Mais la documentariste travaille à la diffusion télévisuelle et à la production du DVD.

C’est un immense privilège que le FBDFQ offre à ses festivaliers. Car cette réalité brillamment décriée dans ce film nous touche directement. Notre bande dessinée doit composer, pour ne pas dire rivaliser, avec cette sempiternelle arrivée massive de nouveaux titres européens, asiatiques et américains. L’excellent documentaire de Maiana Bidegain soulève de nombreuses questions et incite à la réflexion. 

Les projections auront lieu au Salon international du livre de Québec le 12 avril 16 h 30 et le 13 avril à 17 h. Cette seconde représentation sera suivie d’une causerie sur l’état de la bande dessinée.

Commentaires