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Bourse | Dorothy Yeats

À moins que le ciel lui tombe sur la tête...

À moins que le ciel lui tombe sur la tête…
Photo courtoisie Dorothy Yeats, un grand espoir canadien en lutte olympique féminine.

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À moins que le ciel lui tombe sur la tête, la lutteuse olympique Dorothy Yeats connaîtra une carrière olympique extraordinaire, et qui sait, peut-être même surpassera-t-elle celle de son père, Doug, lui aussi lutteur, et qui a représenté le Canada à quatre Jeux olympiques entre 1976 et 1992.

Le talent de cette jeune Montréalaise de 19 ans ne fait aucun doute. Dès ses débuts, en 2008, on savait qu’on avait affaire à une lutteuse exceptionnelle. Six mois seulement après avoir commencé la lutte olympique, Dorothy, alors âgée de 14 ans, avait remporté le Championnat canadien chez les 16 ans et moins. Elle l’a d’ailleurs remporté chaque année ensuite.

D’OR ET D’ARGENT

«J’ai un bon souvenir de cette première victoire», raconte notre 20e candidate au concours des Bourses d’études jeunes athlètes du Journal de Montréal/Journal de Québec/RBC. «Mon père, qui était aussi mon coach, m’avait dit que ma victoire l’avait rendu plus heureux qu’il ne l’était lui-même quand il gagnait. Faut dire qu’il a dit la même chose quand j’ai gagné les Jeux du Canada à l’Île-du-Prince-Édouard en 2009, et encore une fois l’année suivante, quand j’ai remporté les Olympiques de la jeunesse à Singapour.»

Et bien, si c’est comme ça, le papa de Dorothy est sûrement un homme extrêmement heureux, car sa talentueuse fille ne perd pas souvent. «Je n’aime pas ça perdre, dit la lutteuse qui croit n’avoir échoué jusqu’ici qu’à cinq occasions, et dans tous les cas, c’était dans un groupe d’âge supérieur au sien. Faut préciser aussi que pour Dorothy, échouer signifie ne pas s’être classée 1re. À défaut d’avoir remporté l’or, elle raflait tout de même l’argent, comme ce fut le cas lors des Championnats du monde l’année dernière. Elle a gagné l’argent dans la catégorie sénior, mais l’or dans sa catégorie, junior.

Exception faite de ses cinq médailles d’argent, Dorothy Yeats a toujours gagné l’or et ce, partout où elle est passée: Championnat canadien, Jeux du Canada, Jeux du Commonwealth, Jeux panaméricains, Championnat du monde, Jeux olympiques de la jeunesse. De l’or, partout!

ÇA JOUE DUR

Si la jeune femme a du talent, elle a aussi énormément de détermination, car pour être à ce point dominante sur la scène mondiale, il n’y a pas de secret; il faut s’entraîner, encore et encore. Trente heures d’entraînement par semaine : trois séances par jour, six jours sur sept. Ajoutons à cela, une alimentation surveillée, de très nombreux voyages et des études en sciences pures au Collège Vanier.

Voilà un rythme de vie aussi exigeant qu’accéléré. Mais quand on affronte les meilleures au monde, on n’a guère le choix. Mieux vaut être prête, car à ce niveau personne ne se fait de cadeau. Dorothy en sait quelque chose. Malgré sa jeune carrière, elle a eu à soigner des blessures aux genoux, aux coudes et aussi une commotion cérébrale. Une adversaire lui a déjà fait de sérieuses entailles à la figure avec ses ongles. Une autre, à la suite d’un coup de tête accidentel, lui a complètement fermé un œil en milieu de combat. Dorothy a quand même remporté l’affrontement. Mais le comble fut sans doute cette profonde morsure qu’une rivale lui a faite à la main. La Montréalaise en garde encore les marques. «Sur le coup, je n’ai rien senti, explique-t-elle. C’est après le combat que j’ai réalisé ce qu’elle m’avait fait. J’avais la main en sang et on voyait très bien les marques de dents.»

Oui, ça joue dure à l’international, mais il en faudra bien plus que ça pour arrêter Dorothy Yates. La jeune femme a de grands objectifs. Elle veut aller aux Olympiques de Rio en 2016 et en revenir avec une médaille d’or. Compte tenu de tout ce qu’elle a accompli jusqu’à ce jour, cet objectif n’a rien d’exagéré. Au contraire, Dorothy a vraiment tout ce qu’il faut pour remporter l’or, non seulement en 2016, mais si ça se trouve, lors de quelques autres rendez-vous olympiques qui suivront; à condition toutefois que le ciel ne lui tombe pas sur la tête. Et malheureusement, c’est ce qui pourrait arriver. Le Comité international olympique (CIO) a décidé de retirer la lutte du programme olympique à compter de 2020. C’est bien la seule chose qui pourrait freiner notre grand espoir canadien. «Je suis quand même optimiste, dit Dorothy. La Fédération internationale va sûrement réussir à les faire changer d’idée. Déjà, ils travaillent à mettre sur pied un comité spécial qui va faire des représentations auprès du CIO.»

C’est à suivre, mais en attendant, il y a les Championnats mondiaux de Bulgarie et de Hongrie et surtout les Jeux olympiques de Rio.

Et c’est sur ça que se concentre la grande championne internationale.

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