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Homonymes | Dossier

« C’est bien plate » - Guy Turcotte

Guy Turcotte
Photo René Baillargeon Guy Turcotte, de Québec, est las d’entendre des commentaires relativement à son nom.

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Porter le nom d’un tueur d’enfants lorsqu’on mène une vie rangée est un héritage lourd à assumer. Depuis la tragédie qui a marqué le Québec, les citoyens qui portent le nom de Guy Turcotte se sentent injustement éclaboussés.

Porter le nom d’un tueur d’enfants lorsqu’on mène une vie rangée est un héritage lourd à assumer. Depuis la tragédie qui a marqué le Québec, les citoyens qui portent le nom de Guy Turcotte se sentent injustement éclaboussés.

Certains homonymes sont plus lourds à porter que d’autres. Il suffit d’entendre le nom de Guy Turcotte pour penser aussitôt à l’ex-cardiologue qui a tué ses deux enfants. La mémoire collective n’oublie pas les gestes qu’il a commis, pas plus qu’elle n’efface ceux de Marc Lépine ou de Denis Lortie.

«Quand on arrête de parler de lui dans l’actualité, ça se calme, mais c’est arrivé quelquefois que des gens me disent: “Ça doit être épouvantable de porter ce nom-là. Je réponds que c’est bien plate et que je suis tanné d’en entendre parler”, a confié un retraité de la fonction publique québécoise qui porte le nom de Guy Turcotte.

Comme d’autres, il constate que vivre avec un nom associé à un événement aussi tragique entraîne son lot d’inconvénients. «Généralement, les gens font attention, sauf un soir où j’ai reçu un appel, vers 23 h 30, d’un gars assez épais qui me demandait si j’étais avec mes enfants», relate-t-il.

Ce citoyen sans histoire nous a confié qu’il ne s’est jamais habitué à entendre son nom, Guy Turcotte, répété continuellement dans les médias. «Je sursaute à chaque fois, car j’ai l’impression qu’on s’adresse à moi», mentionne-t-il.

Selon les statistiques compilées par la Régie des rentes, il existe 73 Guy Turcotte au Québec, mis à part l’ex-cardiologue.

Silence total

Homme timide de nature, Denis Lortie a eu à affronter plusieurs situations embarrassantes depuis la fusillade de l’Assemblée nationale, en 1984.

«À l’université, le professeur a divisé la classe parce qu’il y avait trop de monde en nommant à voix haute chaque étudiant. Lorsqu’il est arrivé à moi, il y a eu un grand silence. À la blague, il a dit: “Désolé, nous allons devoir évacuer la salle.” J’étais rouge écarlate», a raconté M. Lortie, 57 ans, qui a travaillé à Postes Canada.

Désagréable

Bien que l’événement, qui avait fait 3 morts et 13 blessés, remonte à plus de 30 ans, M. Lortie reçoit encore régulièrement des remarques lorsqu’il se présente. «Il m’est arrivé de commander des mets par téléphone et les gens ne m’ont pas pris au sérieux. J’ai traversé une période où c’était assez désagréable», a-t-il ajouté.

Autrefois enseignant dans une école primaire de Québec, Denis Lortie, a dû à maintes reprises rassurer les parents.

«Chaque fois que je m’identifie, je dois préciser que ce n’est pas moi le “vrai” Denis Lortie.»

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