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Nage synchronisée

Intrus dans l’univers rose

Robert Prévost
Photo Simon Clark Robert Prévost se révèle une espèce rare comme entraîneur de nage synchronisée.

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Des jambes poilues sont facilement repérables, ces jours-ci, autour de la piscine Lucien-Flamand de Québec. Seul entraîneur masculin du pays, Robert Prévost détonne dans l’univers de la nage synchronisée.

Ne criez pas au loup dans la bergerie. Il s’agit simplement d’un homme qui ne se verrait pas derrière un bureau de 9 à 5 et qui a choisi d’assouvir sa passion pour ce sport en devenant entraîneur après l’avoir pratiqué à l’adolescence. Au diable les préjugés et les quolibets!

«J’ai étudié en informatique, en comptabilité et en ébénisterie, mais j’ai réalisé qu’il n’y a rien qui me rend plus heureux que la synchro. Tous les sacrifices que ce sport demande, ça fait mon bonheur», plaide l’entraîneur-chef du Club aquatique Édouard-Montpetit (CAEM) de Montréal.

Tact et délicatesse

Tantôt responsable de la piscine Hochelaga, tantôt moniteur et enseignant aquatique, Prévost «complète» ses semaines de 60 heures en dirigeant les nageuses synchro du CAEM. De sa voix grave, l’homme de 33 ans dictait les directives à son groupe de filles, hier, durant les championnats canadiens. Choisir les bons mots s’ajoute à la délicatesse requise quand il faut aussi empoigner un mollet ou une hanche pour mieux expliquer un mouvement. Le monsieur a appris au fil de ses 14 années d’expérience comme entraîneur.

«Au début, il y avait des problèmes de perception, alors il faut faire attention. Il faut rester à l’affût de la moindre plainte. Oui, il peut y avoir des gestes jugés inappropriés, mais c’est pourquoi il est important de bien expliquer à l’athlète pourquoi je m’apprête à lui toucher une jambe. Qu’on le veuille ou non, ce sont des filles en maillot de bain. Les enseignants de gymnastique sont sûrement confrontés au même phénomène», affirme Prévost.

«C’est moins une maman»

Sa crédibilité ne semble pas remise en cause. Après s’être joint à un programme sports-études en nage synchronisée de 12 à 19 ans, il est écouté parce qu’il connaît la compétition et la dureté des entraînements.

«Un homme est naturellement plus en autorité qu’une femme. Et quand Robert nous dit bravo, c’est parce qu’il est vraiment fier de nous. Une femme, ça dit toujours bravo! Lui, il va toujours droit au but et ses paroles sont efficaces. C’est moins une maman», rapportent Rachel Reichenbach, 17 ans, et Karina Bosca, 18 ans, deux de ses protégées.

Audace

Ne serait-ce que pour l’audace qui l’a toujours accompagné dans ce monde féminin, Robert Prévost a beaucoup défriché dans son sport.

«J’étais en sports-études avec les gars de hockey. J’étais tellement en forme que je ne me faisais pas écœurer...»

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