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«Machine à répression»

Premier rapport sur la grève étudiante

Rapport grève étudiante
Photo Ewan Sauves / Agence QMI Marie-Claude Saint-Amant, porte-parole de l’Association des juristes progressistes (à gauche) et Lucie Lemonde, porte-parole de la Ligue des droits et libertés (à droite).

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La Ligue des droits et libertés, l’Association des juristes progressistes et l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) ont publié, lundi, le tout premier rapport faisant état de la grève étudiante de 2012.

Intitulée Répression, discrimination et grève étudiante: analyse et témoignages, l’étude est basée uniquement sur des témoignages de «victimes et témoins de violations de droits» et dénonce la «véritable machine à répression» déployée par les forces policières, politiques et judiciaires, le printemps dernier.

Les trois organisations ont recueilli et analysé plus de 380 témoignages de personnes qui auraient participé à des manifestations étudiantes, du 16 février au 3 septembre 2012. Le rapport, qui dénombre un total de 3509 arrestations à travers le Québec, présente des cas réels d’intimidation, de mépris, de brutalité policière et de profilage politique, a expliqué Émilie Breton-Côté, du comité légal de l’ASSÉ.

«On est plusieurs à avoir ressenti de l'humiliation, à avoir subi des blessures physiques et des traumatismes psychologiques. Tout ça laisse des séquelles, a-t-elle déploré. Notre devoir de mémoire, ce n’est pas pour l’État, pas pour les partis politiques qui vont s’excuser des violations en blâmant le parti qui était au pouvoir avant.»

Pour Marie-Claude Saint-Amant, porte-parole de l’Association des juristes progressistes, ce qui a brimé la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique des Québécois, c’est la judiciarisation du conflit.

«On a vu la Cour supérieure se mêler au politique, en accordant des injonctions à des étudiants dissidents et en donnant préférence aux droits individuels sur des décisions qui avaient été prises démocratiquement par des associations étudiantes», a-t-elle souligné.

Enquête publique réclamée

À la suite de ce rapport, les organisations exigent la tenue d’une enquête publique et indépendante sur les interventions policières. La Ligue des droits et libertés demande également l’interdiction de l’usage de balles de plastique et de grenades assourdissantes lors de rassemblements populaires.

Surtout, elle revendique la mise en place d’un «mécanisme totalement indépendant des corps policiers», qui serait chargé d’enquêter sur les comportements et les stratégies des policiers.

«De façon systématique, on a traité les gens comme des criminels. On les a insultés, brutalisés, détenus, menottés, fouillés, fichés, etc., a fustigé Lucie Lemonde, porte-parole de la Ligue des droits et libertés. Habituellement, quand on a une contravention par un règlement municipal, on reçoit un contrat d’infraction, on n’est pas menottés pendant des heures dans un autobus et traités comme un criminel.»

 

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