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Une seule épaule et parmi les meilleures

Frédérique Lambert

Une seule épaule et parmi les meilleures
photo d’archives Frédérique Lambert est l’une des meilleures joueuses de racquetball du monde.

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Un phénomène, je vous le dis. Déjà pas facile d’être parmi les meilleures joueuses de racquetball du monde – elle a été championne du monde junior en 2007 et 2011 – voilà qu’elle amorce en 2012 sa carrière internationale chez les séniors avec une seule épaule; même pas la bonne!

Un phénomène, je vous le dis. Déjà pas facile d’être parmi les meilleures joueuses de racquetball du monde – elle a été championne du monde junior en 2007 et 2011 – voilà qu’elle amorce en 2012 sa carrière internationale chez les séniors avec une seule épaule; même pas la bonne!

En réalité, c’est depuis sa participation aux Jeux panaméricains, en octobre 2011, que Frédérique Lambert éprouve des ennuis avec son épaule droite. Les douleurs étaient à ce point insistantes qu’elles l’ont incitée, en février 2012, à consulter un médecin. Résultat: déchirure du labrum, sorte de ménisque de l’épaule. La déchirure est sérieuse: «...de 10 h à 4», a imagé le médecin.

«Et si je continue quelque temps encore?» a demandé Frédérique, anxieuse à l’idée de rater trois importants rendez-vous, soit les Jeux panaméricains prévus en mars, les Championnats canadiens présentés au mois de mai et les Championnats du monde organisés en août. Ce dernier événement est d’une grande importance pour les athlètes. Les résultats détermineront quelles joueuses formeront l’équipe nationale et lesquelles auront droit à une aide financière du gouvernement.

«Eh bien, la déchirure va s’agrandir», a répondu le médecin, qui recommande, dans l’éventualité où elle déciderait de continuer jusqu’en août, de réduire au maximum les entraînements.

Ça va faire mal !

Le deal est bon et Frédérique, notre 24e et dernière candidate au concours des Bourses d’études jeunes athlètes du Journal de Montréal/Journal de Québec/RBC, cesse l’entraînement et limite ses sorties à ces trois compétitions. Ça va faire mal, elle le sait, mais elle n’a jamais manqué de cran, la jeune femme. C’est en partie grâce à son cran, d’ailleurs, qu’elle a été la plus jeune joueuse de l’histoire du racquetball canadien à entrer dans l’équipe nationale sénior. Elle avait 15 ans. Le talent était là, certes, mais il fallait assurément du cran pour se mesurer à des «madames» et ne pas être intimidée.

Arrivent donc les Jeux panaméricains. Après s’être entraînée une semaine, Frédérique s’y présente, «... épaule gelée et bien tapée» (bandée), indique-t-elle. Malgré cet handicap, la jeune femme réussira à vaincre Susy Acosta en quart de finale, et Rhonda Rajsich, en demi-finale, respectivement classées troisième et deuxième chez les professionnelles.

Les choses ont mal tourné toutefois en finale. «Mon épaule avait commencé à dégeler. À chaque time out, j’allais me faire asperger d’un jet qui était censé l’engourdir, mais au troisième match, il n’y avait plus rien à faire. Ça faisait tellement mal que j’en pleurais. Je n’étais plus capable et j’ai dû abandonner», raconte l’athlète, qui a tout de même le mérite d’avoir remporté la médaille d’argent.

Satisfaite? Naturellement, mais il y avait lieu de s’inquiéter, car les Championnats canadiens et les Championnats du monde approchaient et, compte tenu des circonstances, on ne donnait pas cher de sa peau.

Elle consulte de nouveau son médecin. Il veut bien essayer la cortisone quelques semaines avant les Championnats canadiens, «...mais d’ici là, pas question d’entraînement.»

Aux Championnats canadiens

Une fois encore, Frédérique étonne. Tout d’abord en double, en compagnie de sa partenaire Josée Grand’Maître, avec qui elle remporte la médaille d’argent.

«À cause de ma blessure, je devais jouer presque exclusivement avec mon revers, alors, afin d’éviter qu’on se touche, on a décidé de jouer toutes les deux avec le ­revers», tient à souligner Frédérique Lambert. Et c’est en se servant également de son revers qu’elle a remporté l’argent en simple. La Montréalaise s’est inclinée en finale devant Jennifer Saunders, considérée comme la meilleure raquette du Cana­da chez les femmes.

Grâce à ses deuxièmes places, Frédérique obtenait son laissez-passer pour les Championnats du monde. Bien que ­qualifiée pour le simple et pour le double, ­Frédérique s’est montrée prudente et n’a joué qu’en double en raison, bien sûr, de son épaule, dont l’état empirait. Le duo Lambert-Grand’Maître signera de nouveau une performance digne de mention, réussissant à se classer troisième au monde. Heureu­se de ses résultats, ­Frédérique n’aura pas le temps de festoyer très longtemps, car deux jours plus tard, elle entrait en salle d’opération afin qu’on répare son épaule.

Et comment on se sent, huit mois après l’opération?

«Je suis en grande forme. Je n’ai presque plus mal, mais il me faudra encore un peu de temps pour retrouver tous mes moyens», répond l’athlète. Du temps, il en faudra, mais si on se fie à ses récents résultats, sans doute moins qu’on pourrait le croire. Frédérique n’a repris sa ­raquette qu’en février, à temps pour les sélec­tions canadiennes, et vous savez quoi? Elle s’est classée deuxième en ­simple chez les séniors et, il y a deux ­semaines chez les professionnelles, elle a battu l’ancienne numéro 1 mondiale.

Un phénomène, je vous dis!

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