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Le Dr Stanley Vollant reçoit un prestigieux prix

Stanley Vollant Saguenay
Photo JOCELYN MALETTE / AGENCE QMI Le Dr Vollant réuni en une seule personne tous les aspects que vise à reconnaître ce prix.

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SAGUENAY – Le Dr Stanley Vollant a reçu le prix Prestige de l’Association médicale du Québec. Cet hommage prestigieux reconnaît l’excellence et la contribution à l’avancement de la médecine et de la société dans les domaines humanitaire, éthique, scientifique et éducatif.

L’initiateur du projet Innu Meshkenu (Le chemin Innu) parrainé par le Centre des Premières nations Nikanite de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) a dit que ce pris, de même que les milliers de gens inspirants rencontrés depuis le début de cette aventure le motivent davantage à poursuivre sa mission: faire germer les rêves dans l’esprit des jeunes autochtones.

Entre son métier de chirurgien remplaçant qui le mène aux quatre coins du Québec, son poste de médecin à temps partiel dans la communauté de Pessamit et le projet Innu Meshkenu, le Dr Vollant réuni en une seule personne tous les aspects que vise à reconnaître ce prix.

C’est après un rêve, alors qu’il marchait à Compostelle, qu’il a décidé de lancer son projet.

«J’étais mal en point, avec une grave infection au pied pendant mon périple. Un soir, j’ai fait un rêve très intense. Je me voyais, portant un sac à dos et parcourant tout le Québec, l’Ontario et le Labrador à pied. J’allais dire aux jeunes de poursuivre leurs rêves. C’était très persistant et après en avoir parlé à un ami qui m’accompagnait là-bas, il m’a dit que c’était une vision qui devait s’accomplir», a-t-il raconté.

De retour au Québec, il a pris les moyens pour concrétiser ce rêve qui devait, selon lui, absolument se réaliser.

«Les statistiques sont accablantes, plus de 65 % des jeunes autochtones n’ont pas de diplôme de secondaire cinq et plus de 60 % sont touchés par des problèmes de violence, de drogue et d’alcool», a-t-il précisé.

Appuyé par le Centre des Premières nations Nikanite UQAC, il a pu trouver les fonds nécessaires pour débuter sa marche, qui se poursuit depuis.

«Le concept est de marcher d’une communauté autochtone à l’autre, un petit peu chaque année, pendant cinq ans. On espère à la fin, avoir parcouru 5000 km en cinq ans», a expliqué le Dr Vollant.

Ce dernier a rattaché trois objectifs à son projet: transmettre un message inspirant aux jeunes, faire valoir l’importance des aînés et les rencontrer, et enfin favoriser une meilleure compréhension mutuelle des cultures autochtones et québécoises.

M. Vollant a visité la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans le cadre de son périple en 2011.


«Je voudrais revenir pratiquer à Chicoutimi»

SAGUENAY - Originaire de Pessamit, près de Baie-Comeau, Stanley Vollant a une histoire qui sort de l’ordinaire. Celui qui avait la crainte des morts et du sang ne s’imaginait aucunement qu’il pourrait un jour être médecin. Pourtant, il exerce le métier de chirurgien remplaçant dans plusieurs hôpitaux, ce qui l’a souvent mené à Chicoutimi, où, selon lui, l’accueil est des plus chaleureux.

Rien ne le prédestinait à devenir un jour médecin, ou c’est du moins ce qu’il croyait.

Stanley Vollant est né d’une fille mère en 1965. À l’époque, les enfants autochtones comme lui devaient être remis en adoption aux blancs.

«Pour éviter cela, mes grands-parents m’ont adopté et j’ai vécu une partie de ma jeunesse à Québec, bien que je sois souvent amené à revenir à Pessamit», a-t-il raconté.

Au départ, selon les conseils de sa mère et ses grands-parents, il souhaitait s’inscrire à l’université et devenir avocat, pour défendre les droits des autochtones.

«J’ai rencontré un ami au bar du village alors que j’étudiais à Québec. Il était dans un état d’ivresse et m’a dit qu’il avait entendu dire que je deviendrais le premier médecin autochtone. Il me félicitait et se réjouissait que je puisse soigner ses parents et sa famille dans notre langue. Ne voulant pas m’obstiner, j’ai prétendu que c’était vrai. L’idée m’a trotté dans la tête et je me suis inscrit en médecine», a-t-il dit.

Ce n’est pas sans quelques difficultés qu’il a fait ses études, puisque le sang et les morts l’effrayaient.

«J’ai perdu connaissance à quelques reprises, en cours de dissection et lors de ma première journée comme résident en chirurgie, mais j’ai appris à me contrôler», a-t-il lancé en riant.

Un stage d’études a mené le Dr Vollant à Alma et plus tard, c’est un poste à l’hôpital de Chicoutimi qui lui a permis de revenir dans la région qu’il avoue aimer particulièrement.

«L’accueil à l’hôpital de Chicoutimi n’a pas d’égal ailleurs. J’aimais beaucoup ce milieu. Ça me manque de me lever le matin et de voir le soleil se lever de la salle d’opération, qui donne vue sur le Saguenay.»

Après quatre ans au Saguenay, il a quitté la région pour Ottawa en 2007, pour devenir du programme d’études autochtones en médecine.

Depuis, il revient de temps à autre dans la région comme chirurgien remplaçant ou pour se rendre à l’UQAC, partenaire de son projet.

Il ne cache pas que son objectif est de revenir pratiquer ici un jour.

«L'idéal serait, pour moi, de me trouver un poste permanent en chirurgie, après l'Innu Meshkenu. J'aimerais bien revenir vivre au Saguenay, à Chicoutimi.»

En attendant, le Dr Vollant réside à Montréal, où il est coordonnateur du volet autochtone de la faculté de médecine de l'Université de Montréal. Il continue de pratique à la clinique médicale de Pessamit une fois par mois et d'être chirurgien remplaçant dans plusieurs hôpitaux.

 

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