/news/currentevents
Navigation
Guy Turcotte

« Jamais de désespoir »

Guy Turcotte
photo courtoisie Guy Turcotte

Coup d'oeil sur cet article

Vingt-quatre sorties «positives» dans sa famille et sa motivation soudaine à se faire soigner ont valu à Guy Turcotte de recouvrer sa liberté, même s’il «représente toujours, en raison de son état mental, un risque important pour la sécurité du public».

C’est ce qu’a expliqué la Commission d’examen des troubles mentaux, hier, en dévoilant les motifs justifiant la libération de Turcotte, le 12 décembre dernier, après un an et demi de détention forcée à l’Institut Pinel de Montréal.

En juillet 2011, l’ex-cardiologue a été déclaré criminellement non responsable des meurtres de ses enfants, Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans, poignardés à 45 reprises peu après sa rupture avec son ex-conjointe, l’urgentologue Isabelle Gaston.

«Les facteurs de risque se sont atténués. Il n’en demeure pas moins que les progrès sont lents. L’accusé demeure encore vulnérable au stress. (...) Toutefois, la sécurité du public ne commande pas que l’accusé soit gardé dans un établissement hospitalier», selon la décision de 14 pages de ce tribunal administratif.

«Une certaine souffrance»

Turcotte, 40 ans, refusait toute aide thérapeutique à l’Institut Pinel, mais «l’équipe traitante a noté un changement de ton et d’attitude chez l’accusé» avant l’été 2012, alors qu’il s’est montré «véritablement motivé» à amorcer une psychothérapie.

Ses rendez-vous hebdomadaires avec une psychologue — qu’il a l’obligation de poursuivre — lui ont permis de bénéficier de 24 sorties pour aller renouer avec sa famille ou ses amis, entre la mi-juin et la fin novembre 2012.

Il a eu «des contacts répétés avec des enfants», qualifiés de «positifs» pour celui qui dit vivre le deuil des siens «graduellement», «avec une certaine souffrance, mais jamais de désespoir».

D’abord «apeuré» par «l’hostilité» à laquelle il risque de se heurter, il dit ne pas craindre d’être vu en public «car il est plus en mesure de gérer l’anxiété et les émotions», ont rapporté les commissaires

Danielle Allard, Jean Audet et Philip Beck.


• Guy Turcotte croit «prématuré» de tenter de renouer avec la pratique de la médecine, préférant s’adonner à des activités bénévoles.

• La Commission réévaluera son cas au plus tard en décembre prochain.

Dates clés de l’affaire

20 février 2009: Aux prises avec des symptômes anxieux et dépressifs, Guy Turcotte ingurgite du lave-glace pour se suicider, à Piedmont. Il en vient à poignarder ses enfants, Olivier, 5 ans, et Anne- Sophie, 3 ans, à répétition.
5 juillet 2011: Le jury du procès conclut que Turcotte ne savait plus ce qu’il faisait au moment des meurtres et le déclare criminellement non responsable.
22 juillet 2011: La Couronne réclame un nouveau procès. Elle soumet à la Cour d’appel que le juge aurait dû écarter la possibilité d’un verdict de non-responsabilité parce que Turcotte s’est intoxiqué au méthanol de façon volontaire.
5 juin 2012: La Commission d’examen des troubles mentaux refuse de libérer Turcotte de l’Institut Pinel, mais elle lui accorde des droits de sortie.
20 octobre 2012: Malgré le verdict, le juge Marc David crée un précédent judiciaire en ordonnant que l’ADN de Turcotte soit fiché dans la Banque nationale de données génétiques, avec celui de 300 000 criminels du pays.
12 décembre 2012: Turcotte est libéré de l’Institut Pinel, avec des conditions à respecter.
30 septembre 2013: Audition prévue de la demande de révision du verdict en Cour d’appel par la Couronne.
Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.