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Forêt | Investissements

Une éclaircie en vue pour l’industrie du bois

Le secteur doit rester prioritaire au Québec selon de grands joueurs du domaine

Jacques Daoust
Photo les archives Jacques Daoust, président d’Investissement Québec

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Avec la reprise de la construction résidentielle aux États-Unis, les investisseurs se montrent plutôt optimistes par rapport à l’avenir de l’industrie forestière au Québec, qui génère près de 67 000 emplois.

Selon le président et chef de la direction de la Banque Nationale du Canada, Louis Vachon, le pire de la tempête est passé.

«Si vous êtes ici, c’est que vous avez passé à travers. Je vous félicite. Ce qu’on peut vous souhaiter maintenant, c’est de faire la piasse, car vous le méritez bien», a lancé M. Vachon hier, au cours du congrès annuel du Conseil de l’industrie forestière du Québec.

Le secteur de la foresterie est l’un des plus importants exportateurs du Québec avec des ventes de l’ordre de 7 milliards $ sur les marchés étrangers annuellement.

D’après Jacques Daoust, président d’Investissement Québec, le bois est le principal moteur économique pour 200 municipalités à travers la province.

«Bien sûr, les dernières années ont été difficiles, mais les spécialistes nous disent que c’est la matière première qui devrait enregistrer la meilleure performance en 2013 à cause de la demande américaine», a affirmé M. Daoust.

Bon placement

La tendance démographique aux États-Unis montre qu’il y a du rattrapage à faire pour atteindre l’équilibre sur le marché immobilier. Selon la société Exportation et développement Canada, plus d’un million de mises en chantier seront faites en 2013, chez nos voisins du Sud. Il s’agit d’une envolée de 34 % par rapport à l’année dernière. Pour suivre la demande, les exportations canadiennes de bois devraient augmenter de 15 %.

Dans les circonstances, Gaétan Morin, premier vice-président aux investissements du Fonds de solidarité FTQ, soutient que le secteur forestier représente un actif attrayant pour les actionnaires.

«Il faut voir ça comme un fonds de pension. C’est un rendement stable axé sur le long terme», a-t-il ajouté.

M. Morin soutient que cette industrie est une priorité pour le Fonds de solidarité, qui a investi près de 60 millions $ depuis 2009 pour soutenir des entreprises du secteur.

«Nous sommes très conscients de l’importance de votre secteur dans l’économie du Québec», a-t-il déclaré en s’adressant aux principaux intervenants.

Pour contrer la vente du territoire forestier à des fonds américains, le Fonds de la FTQ a créé, il y a quelques années, la société de gestion d’actifs Solifor, aujourd’hui le deuxième plus grand propriétaire forestier au Québec, avec Domtar et le Séminaire de Québec.

L’autre côté de la médaille

Certains facteurs pourraient toutefois assombrir la reprise qui est annoncée. Le taux de chômage aux États-Unis, qui se situe autour de 8 % dans les zones rurales, pourrait favoriser une expansion de l’offre du bois d’œuvre à l’intérieur même du pays. De plus, poursuit M. Vachon, la construction résidentielle est en diminution au Canada.

«Elle va continuer de ralentir et c’est souhaitable. L’essor que nous avons connu était accompagné de l’endettement des particuliers qui ne peut pas croître au rythme de deux à trois fois l’augmentation du PIB. Il faut s’attendre à un ralentissement dans la construction pour plusieurs années.»

Le président de la Banque Nationale souhaite que les pays émergents continuent d’être la locomotive de la croissance mondiale.

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