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Politique | Québec

Fuites de gaz sans surveillance

Le gouvernement entérine la fracturation sur l’île d’Anticosti même s’il ne peut assurer l’inspection complète

Pétrolia
Photo les archives Pétrolia pourra bientôt effectuer la fracturation hydraulique sur l’île d’Anticosti malgré l’incapacité du ministère de l’Environnement d’inspecter les installations pendant la saison froide.

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Québec va autoriser la fracturation hydraulique sur l’île d’Anticosti sans attendre l’évaluation environnementale même s’il n’inspectera pas les puits durant la majeure partie de l’année.

Le ministère de l’Environnement (MDDEFP) est incapable d’inspecter les puits d’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti durant l’hiver, a appris le Journal. Le manque de ressources et une méthode de travail peu adaptée aux conditions hivernales sont montrés du doigt.

La méthodologie du ministère «doit être réalisée dans des conditions où le sol et l’environnement immédiat du puits ne sont pas affectés par la présence d’eau, de neige ou de glace», affirme le MDDEFP.

Sept mois par année

Au ministère, on explique que la procédure d’inspection est «parmi les plus exigeantes en Amérique du Nord». On admet toutefois qu’elle connaît des ratés durant les sept mois où la neige recouvre l’île d’Anticosti.

Dans le cas particulier du puits Chaloupe no 1 de Pétrolia — qui fait l’objet d’une plainte pour fuite de méthane — le MDDEFP n’a tout simplement pas été capable de s’y rendre à cause des «conditions climatiques et routières» au moment de la visite de l’inspecteur, le 5 décembre.

L’inspection du puits de forage est maintenant prévue au début du mois de juin.

«La neige, ça s’enlève»

L’explication méthodologique est pourtant réfutée par Marc Durand, docteur-ingénieur en géologie appliquée et géotechnique et professeur retraité du département des sciences de la Terre de l’UQAM.

M. Durand précise que «la glace et la neige, ça s’enlève» et soutient que Québec cherche simplement à cacher qu’il n’a pas assez de ressources pour procéder aux inspections.

«Se rendre à un puits sur l’île d’Anticosti durant l’hiver, ça prend une motoneige... et du temps», explique-t-il. Il souligne que le gaz continue de fuir durant l’hiver et que, au mieux, il s’accumule sous la glace.

Dans une entrevue au Devoir, le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, avait affirmé en début de semaine que la fracturation sera permise sur l’Île avant les évaluations environnementales.

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