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Politique | Québec

« La mollesse extrême »

Jacques Duchesneau dénonce le manque d’action du gouvernement pour lutter contre la corruption au MTQ

Jacques Duchesneau
Photo d’archives, Stevens Leblanc Jacques Duchesneau demande au ministre Gaudreault de «s’assumer» et d’agir pour contrer la corruption au ministère des Transports.

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La mollesse du gouvernement Marois encourage la collusion et la corruption, estime le député caquiste Jacques Duchesneau.

«Moi, ce que j’ai su de l’interne, c’est qu’il y a une culture du silence qui s’est installée maintenant au ministère des Transports», a dit au Journal hier l’ancien patron de l’Unité anticollusion.

Un témoin entendu cette semaine à la commission Charbonneau a soutenu que la collusion n’était pas uniquement montréalaise, mais que les firmes de construction se partageaient également les contrats d’asphaltage du MTQ. Gilles Théberge, ex-directeur de la compagnie d’asphaltage Sintra, a admis que des fonctionnaires provinciaux profitaient de généreux cadeaux.

En colère contre Gaudreault

Jacques Duchesneau ne décolère pas devant l’attitude du ministre Sylvain Gaudreault, qui a soutenu hier, au Salon bleu, qu’il n’avait pas l’intention de commenter les travaux de la commission d’enquête sur la construction.

«C’est de la mollesse extrême et tout ce que ça fait, c’est que ça fait profiter ceux qui font des choses malhonnêtes! a-t-il insisté. Ils ont beau nous faire des plans de redressement, c’est de la bouillie pour les chats. Il faut que le ministre s’assume, qu’il explique haut et fort que ça ne marchera pas comme ça à l’intérieur du ministère, pis qu’il va prendre les mesures» nécessaires.

Selon le caquiste, le ministre Gaudreault doit minimalement faire une enquête interne pour faire toute la lumière sur «les cas de corruption de fonctionnaires dans son ministère». «La peur, c’est le début de la sagesse.»

Le ministre Stéphane Bédard est venu à la rescousse de son collègue des Transports. Le président du Conseil du trésor a assuré que «chaque employé qui sera mêlé à un dossier de corruption sera congédié.»

Mais pour l’ex-policier, ce n’est pas assez. Le député Duchesneau croit qu’un groupe indépendant — à l’image de celui qu’il a piloté dans le passé (UAC) — qui œuvre à l’intérieur du MTQ est indispensable.

«Le MTQ, c’est le plus gros donneur d’ouvrage au Québec. Le minimum qu’on pourrait faire, c’est d’avoir un moyen pour que les personnes qui ont des choses à dire puissent le dire, mais pas à des patrons, plaide-t-il. C’est une police d’assurance.» Il soutient que son ancienne escouade a été avalée par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et qu’elle n’a désormais plus les mêmes «contacts» à l’interne.

Réhabilitation

Par ailleurs, le ministre Bédard a annoncé qu’il dévoilera très prochainement des règles de réhabilitation pour les entreprises au passé trouble­ qui ne réussiront pas le test de l’AMF. «Je ne vous cacherai pas que les efforts qui sont faits par certaines entreprises pour se rendre conformes aux obligations de la loi seront tenus en compte dans ce processus-là au niveau du Conseil du trésor pour la continuité des contrats en cours», a-t-il dit à l’entrée du Conseil des ministres.

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