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Justice | Québec

Rapts et meurtres d’enfants

Un étudiant présente un projet de fin d’études des plus inquiétants

David Dulac
Photo les archives, Karl Tremblay L’étudiant devra se présenter dans un CLSC et suivre des thérapies.

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Un étudiant en art visuel de l’Université Laval désirait «accrocher des enfants au plafond (...) et les frapper avec une barre de fer», dans le cadre d’un projet de fin d’études.

Parce qu’il estime que la sécurité du public est compromise, le juge Rosaire Larouche a refusé de remettre en liberté, hier, David Dulac, 24 ans, qui est détenu depuis le 26 mars après avoir été accusé de menace de mort et de menace de causer des lésions corporelles à des enfants.

Plutôt troublant

La veille de son arrestation, il avait présenté un projet «performatif» en art visuel assez inquiétant pour que son chargé de cours alerte la sécurité de l’Université Laval.

«Dans la fiche qu’il a remise, il était bien précisé qu’il ne pouvait fournir d’image, mais qu’il allait décrire son travail», a relaté à la cour, hier, la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Carmen Rioux.

Pendant que la procureure lisait la note présentant le «projet» qui vise notamment à kidnapper des enfants et à les frapper (voir encadré), l’accusé était appuyé de façon nonchalante sur le mur dans le box des accusés.

« Performances inquiétantes »

Durant de longues minutes, même s’ils n’ont aucun lien avec la présente accusation, la procureure a relaté différents événements inquiétants qui sont survenus dans les mois précédant son arrestation.

«Lors d’un cours de performance, l’accusé s’est automutilé avec un Exacto choquant fortement ses confrères de classe», a-t-elle expliqué.

De plus, à l’expert qui l’a rencontré pour juger son aptitude à comparaître et sa responsabilité criminelle, David Dulac a expliqué avoir déjà présenté un projet composé de «jus, de sperme moisi, de rondelles d’oignon A&W et de mousse de nombril», parce qu’il voulait «explorer les matières avec lesquelles on pouvait peindre»...

Bizarre, mais pas dangereux

Dans l’espoir de voir son client être remis en liberté, Me Herman Bédard a fait entendre la mère et le frère de l’accusé.

D’une toute petite voix, la mère de Dulac a expliqué que son fils avait déjà été expulsé de l’école en secondaire 2 parce qu’il avait écrit qu’il voulait «tuer la directrice à coups de pet et de rot».

«Mais ça, c’est des pensées... Entre ça et passer aux actes, c’est quelque chose de complètement différent», a-t-elle souligné.

Son frère, quant à lui, a souligné au président du Tribunal que Dulac était «bizarre» et qu’il «aimait provoquer».

«Ce genre de choses-là, ce sont des choses auxquelles je peux m’attendre de lui, mais je ne prends pas ça au sérieux», a-t-il ajouté.

Lorsque l’accusé a témoigné, le magistrat lui a demandé s’il prenait les procédures devant le tribunal au sérieux et il s’est contenté de répondre «plus ou moins».

Devant ces faits et pour protéger le public, le juge Larouche a donc décidé de garder «l’artiste» détenu.

Il reviendra à la cour le 12 juin.

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