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Descente aux enfers d'une avocate

Jessie Bérubé radiée du Barreau

L’ancienne criminaliste a plaidé coupable aux neuf plaintes disciplinaires qui pesaient contre elle

Jessie Bérubé
Photo courtoisie Jessie Bérubé a adopté un nouveau look depuis qu’elle ne pratique plus comme avocate.

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L’ex-avocate Jessie Bérubé, qui a fait les manchettes en 2012 après s’être «évanouie» en pleine salle de cour alors qu’elle était intoxiquée par la cocaïne, a été radiée du Barreau pour une période de 18 mois.

L’ex-avocate Jessie Bérubé, qui a fait les manchettes en 2012 après s’être «évanouie» en pleine salle de cour alors qu’elle était intoxiquée par la cocaïne, a été radiée du Barreau pour une période de 18 mois.

En tout, l’ancienne avocate criminaliste faisait face à neuf plaintes disciplinaires couvrant une période s’échelonnant de novembre 2011 à mai 2012.

En plus de s’être trouvée intoxiquée alors qu’elle plaidait devant le juge Richard Grenier, à Montmagny, l’avocate s’est «approprié une somme de 4300 $ qu’elle avait reçue de son client à titre d’avance d’honoraires et pour laquelle aucun service professionnel d’une telle valeur n’avait été rendu», peut-on lire dans la décision du Barreau.

Elle a également fait défaut, à quatre reprises, de déposer sans délai dans un compte en fidéicommis diverses sommes d’argent totalisant 27 900 $.

C’est le 14 février 2013 que le conseil de discipline a fait l’audition de ces plaintes disciplinaires, pour lesquelles Bérubé a plaidé coupable et a été sanctionnée le 3 mai.

Lors de cette audition, les trois membres du conseil ont pu entendre les explications de l’ancienne avocate sur les gestes qu’elle a commis au cours de la dernière année, ainsi que le récit de sa déchéance.

Vie de misère

L’ancienne avocate mentionne que dès l’âge de 13 ans, elle consomme de la marijuana.

Rapidement, elle tombe dans les drogues dures et consomme de la cocaïne à l’âge de 15 ans.

À 19 ans, elle fait sa première thérapie qui sera suivie par trois autres.

«Bien qu’elle soit associée nominalement auprès de confrères, elle est pratiquement laissée à elle-même sur le plan professionnel», est-il écrit dans la décision rendue par le syndic.

Alors qu’elle vit des problèmes de consommation, les dossiers s’accumulent et la clientèle de Jessie Bérubé se spécialise dans le milieu des gangs de rue et des motards criminalisés.

«Certains clients, des criminels d’habitude, la relancent même jusqu’à son domicile personnel, lui proférant des menaces» a-t-elle expliqué au conseil de discipline.

Descente aux enfers

Peu à peu, les portes se referment sur la jeune femme jusqu’au 9 mai 2012 où, «intoxiquée par la cocaïne et au bout de ses forces, elle s’écroule en pleine audience et est transportée par ambulance dans un hôpital où elle ne s’éveillera que quelques heures plus tard».

C’est à ce moment qu’elle réalise qu’elle doit arrêter. «Je veux arrêter de souffrir et de faire souffrir mes proches», a-t-elle dit aux membres du conseil. Le 14 mai 2012, elle signe un engagement où elle renonce à exercer la profession.

Elle dira d’ailleurs à ce sujet que ça lui a «arraché le cœur». Une autre thérapie débute alors pour la jeune femme qui, à l’aube de ses 30 ans, dit n’avoir arrêté aucun projet, travaillant dans le milieu de la restauration.       

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