/news/currentevents
Navigation
Police | Vidéos

Patrouilles policières filmées ?

Le syndicat des policiers de Montréal veut l’ajout de caméras sur les uniformes

Coup d'oeil sur cet article

À l’ère où tous leurs faits et gestes peuvent être filmés et se retrouver sur internet, les policiers de Montréal croient qu’ils en sont rendus à avoir à leur tour des caméras sur leur uniforme pour immortaliser leurs interventions.

À l’ère où tous leurs faits et gestes peuvent être filmés et se retrouver sur internet, les policiers de Montréal croient qu’ils en sont rendus à avoir à leur tour des caméras sur leur uniforme pour immortaliser leurs interventions.

«Le temps est probablement venu de montrer publiquement ce que nos policiers côtoient quotidiennement et de rendre accessible la vérité, toute la vérité», a insisté Yves Gendron, de la Fraternité des policiers de Montréal (FPPM), dans un texte publié dans la plus récente édition de la revue distribuée à ses membres.

La direction de la police de Montréal ne ferme pas la porte à un tel projet, et indique d’ailleurs être au stade «de l’analyse et de l’évaluation».

Depuis plusieurs années, mais particulièrement durant la crise étudiante où les manifestations se succédaient soir après soir, les frasques des policiers ont plus d’une fois été immortalisées sur vidéo.

«Nous savons également tous que les séquences ne montrent que la partie où l’intervention a dégénéré, souvent parce que la personne ayant filmé n’a pas intérêt à diffuser les premiers instants de l’intervention, qui démontrent le bien-fondé de l’intervention et de la méthode utilisée», écrit Yves Gendron.

Résultats éloquents

Depuis quelques années, plusieurs services de police ont testé ces caméras personnelles. Un projet-pilote est notamment en cour à Edmonton depuis l’automne. Une quarantaine de policiers portent la caméra sur leur uniforme, notamment les patrouilleurs à pied et ceux au centre-ville. Et les résultats sont très positifs, a noté le chef de police en avril dernier au Edmonton Sun, soit à la moitié du projet-pilote.

Selon la Fraternité des policiers, ailleurs aussi les résultats sont éloquents. En effet, non seulement le nombre de voies de fait sur policiers a diminué de façon significative, mais le taux d’utilisation de la force a aussi été réduit de 60%, a noté M. Gendron.

Même si la caméra est accrochée à l’équipement du policier, elle n’est pas active en tout temps. C’est le policier qui doit activer le mode enregistrement. Au début de l’intervention, il doit par contre aviser son interlocuteur qu’il est filmé.

Une stratégie qui rend les interventions «plus pacifiques», ont noté des policiers qui ont testé l’outil. En effet, plusieurs ont remarqué que la présence de la caméra «refroidit les esprits» et que les citoyens évitent le «langage ordurier».

«Les situations pour lesquelles on est habitué de voir le citoyen adopter une attitude de confrontation donnent souvent lieu à des scènes plus conciliantes», rapporte Yves Gendron.

Pas pour bientôt

Une chose est sûre, la mise en place d’une telle technologie devra être bien encadrée, indique la Fraternité des policiers. Par ailleurs, ses membres se disent «favorables» à la suggestion de leur syndicat, a indiqué le porte-parole de la FPPM, Martin Desrochers.

Mais malgré tout, au SPVM, ce n’est pas de sitôt que les policiers de la métropole patrouilleront avec une caméra, a indiqué le commandant Vincent Richer, précisant qu’aucun projet-pilote n’est prévu pour bientôt.

Mais il assure que le SPVM «fait ses devoirs» et «regarde ce qui se fait ailleurs», s’est-il contenté de dire.

Le pour et le contre du projet
Avantages
La caméra va fournir une meilleure preuve en Cour.
La caméra assure une meilleure précision que les notes écrites par le policier.
Elle assure aussi une certaine sécurité, tant pour le policier que pour le citoyen.
La présence de la caméra calme les ardeurs du citoyen interpelé par le policier.
Le policier ne pourra pas effacer le contenu de la caméra.
Le nombre de plaintes contre les policiers pourrait diminuer.
Inconvénients
Cela nécessite une grande capacité d’entreposage des vidéos.
On ne connaît pas encore l’endurance de l’appareil face aux intempéries.
Des questions sont posées sur le respect à la vie privée.
Le coût de cet outil est élevé : cela peut aller jusqu’à 600 $ pour chaque caméra.
Cela engendre des problèmes légaux et bureaucratiques à propos du moment où le policier doit démarrer l’enregistrement.
Il faut s’assurer que l’utilisation des caméras est sécuritaire pour les policiers lors d’une situation d’urgence.
Sources : Police d’Edmonton et archives
Commentaires