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Les étudiants contre la caméra aux policiers

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Alors que plusieurs étudiants ont filmé des policiers lors des nombreuses manifestations du printemps érable, l’ASSÉ refuse d’être filmée à son tour.

Alors que plusieurs étudiants ont filmé des policiers lors des nombreuses manifestations du printemps érable, l’ASSÉ refuse d’être filmée à son tour.

«Ce n’est pas le genre de chose qu’on aime entendre», a commenté Justin Arcand, secrétaire à la coordination de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ).

Le Journal rapportait dans son édition d’hier que les policiers montréalais estiment qu’il est temps pour eux d’être munis d’une caméra lors des interventions policières. Plusieurs projets-pilotes du genre sont en marche ailleurs au Canada.

Pas d’impact

«Pendant les manifestations, on a vu des policiers munis de caméra chargés de filmer les opérations pour ficher les gens», déplore Justin Arcand.

Selon lui, cette mesure n’aura pas d’impact sur la brutalité policière. «Les policiers sont déjà filmés par les manifestants et ça ne les empêche pas de faire de la violence policière. Ils sont protégés par la Fraternité des policiers», martèle M. Arcand.

La Fédération des étudiants universitaires du Québec et la Fédération collégiale du Québec n’ont pas pris position.

Est-ce légal ?

La pratique peut être ou ne pas être légale selon les circonstances, d’après l’avocat Karl Delwaide, spécialiste en vie privée chez Fasken Martineau.

«Ce n’est pas parce que je suis sur la place publique que je renonce à ma vie privée.» Il explique que pour qu’un enregistrement soit justifié, il faut qu’un acte illégal soit commis et que ça ne soit pas qu’utile, mais nécessaire à l’enquête. De plus, il faut des mesures de contrôle pour protéger la vie privée des innocents qui pourraient être filmés.

«Le niveau d’envahissement de la vie privée doit être proportionnel à la gravité de la situation», estime Eugene Oscapella, avocat et professeur de droit à l’Université d’Ottawa. Il faudrait que les vidéos soient disponibles à la population filmée, sauf en cas d’enquête sur le crime organisé, pense-t-il.

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