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LNH: banque à pitons?

Mario Roy

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Honnêtement, j’ai de la difficulté à qualifier la dernière stratégie de la Ligue nationale de hockey (LNH) en prenant connaissance de l’offre qu’elle fait au groupe RSE qui tente d’acheter les Coyotes.

Honnêtement, j’ai de la difficulté à qualifier la dernière stratégie de la Ligue nationale de hockey (LNH) en prenant connaissance de l’offre qu’elle fait au groupe RSE qui tente d’acheter les Coyotes.

Coïncidence, j’avais visionné en début de semaine les bandes vidéo des entrevues que Gary Bettman avait accordées à Ron McClean, de CBC, lors des finales de la Coupe Stanley de 2009 et de 2010.

Je les ai visionnées parce que je voulais porter une attention particulière cette fois aux propos de Bettman à l’endroit de la concession des Coyotes.

Il expliquait dans l’une de ces entrevues que «Québec avait perdu son équipe, car personne n’en voulait...» et que ce serait pour cette raison que l’équipe a déménagé. Rien de plus vrai.

En 2010, le commissaire avait affirmé «qu’il devrait réparer des erreurs du passé et qu’il serait bien de retourner dans des marchés où la LNH a déjà œuvré» advenant un déménagement. Ah, oui?

Effectivement, ce fut le cas à Winnipeg dès l’année suivante. Il a été conséquent avec ses paroles.

Alors, j’ai visionné la conférence de presse qui s’est tenue à Winnipeg le 31 mai 2011, à l’occasion de l’annonce du déménagement des Thrashers d’Atlanta, qui sont devenus les Jets.

Pendant le point de presse, Bettman a répondu aux journalistes que «la concession des Thrashers a été déménagée, car personne n’en voulait». Jusqu’ici, tout se tient.

Il a alors avoué dans ses réponses aux journalistes qu’il avait choisi la famille Thompson et Mark Chipman parce qu’ils étaient «désireux de s’investir dans leur communauté».

Il a fait l’éloge des qualités des nouveaux propriétaires qu’étaient Chipman et la famille Thompson, «des personnes qui ont travaillé en coulisses et discrètement, et qui ont été très patientes tout en respectant les consignes précises» qu’impose le droit de continuer de valser avec le commissaire et les autres propriétaires dans l’attente de l’appel souhaité.

Bettman se contredit

Mais, dans le cas qui m’intéresse, Gary Bettman se ment à lui-même et se contredit.

Ai-je bien compris que la LNH propose deux fois plus d’argent que ce que le groupe d’investisseurs est enclin à mettre sur la table pour s’investir dans la communauté?

Cette communauté (Glendale) qui se voit dans l’obligation, si elle le veut, de faire des contorsions budgétaires et de couper dans ses services pour plaire à Bettman?

N’avons-nous pas ici un dossier qui laisse présager une monumentale farce?

Maintenant, qu’en pense le président de l’Association des joueurs? Est-ce que Donald Fehr, qui s’interroge sur les batailles dans la LNH, ne devrait pas plutôt regarder ce qui se passe avec les Coyotes?

Qu’attendent les propriétaires?

D’un autre côté, on raconte que des propriétaires fulminent devant cette proposition de la LNH. Qu’attend Eugene Melnyck (Sénateurs) ou Craig Leipold (Wild) pour prendre position?

Qu’attendent ces propriétaires qui mettent l’épaule à la roue pour tenter de joindre les deux bouts pour crier à l’injustice? N’est-ce pas ici un manque de respect de la part de Bettman envers ceux-ci?

Marcel Aubut aurait certainement salivé en 1995 si la LNH et son commissaire avaient offert ce genre de montant afin de préserver le marché où ils étaient installés parce que, semble-t-il, «la LNH n’aime pas déménager des franchises là où elles sont établies...»

Je le répète, quelque chose nous échappe dans cette saga.

La divulgation des informations publiées par Forbes a été bien orchestrée. Est-ce une autre stratégie? On verra.

Pendant ce temps, Québecor est fin prêt et disposé à s’investir dans la communauté de Québec et respecte avec brio les consignes dictées par la LNH, mais la valse ne semble pas être au même tempo que celui de la LNH.

Québec a tout, sauf une équipe.

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