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Jacques Savoie — Le fils emprunté

Suspense dans le Montréal souterrain

Jacques Savoie
Photo courtoisie

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Jacques Savoie, romancier et scénariste de renom, entraîne les lecteurs dans une enquête palpitante où Jérôme Marceau est au sommet de sa forme dans Le fils emprunté, son onzième roman. De sa plume fine et précise, il a ciselé une intrigue où son héros explore à la fois les souterrains montréalais, mais aussi les tréfonds de l’âme de son héros.

Jacques Savoie, romancier et scénariste de renom, entraîne les lecteurs dans une enquête palpitante où Jérôme Marceau est au sommet de sa forme dans Le fils emprunté, son onzième roman. De sa plume fine et précise, il a ciselé une intrigue où son héros explore à la fois les souterrains montréalais, mais aussi les tréfonds de l’âme de son héros.

Jérôme Marceau vient à peine d’être nommé à la tête de la section des homicides lorsque le 46e meurtre de l’année vient d’être commis sur le territoire du SPVM. Dans un hangar jouxtant le tunnel ferroviaire sous le mont Royal, un tas de cendres et des cerceaux d’acier ont été trouvés.

Jérôme croit que la victime a subi le supplice du collier, une vengeance populaire particulièrement sordide. Il a bien peu d’arguments pour prouver sa thèse, mais se montre bien décidé à le faire.

En parallèle, Jérôme traverse une période difficile dans sa vie privée. Faisant le deuil de sa mère, il comble le vide en se rapprochant de Gabriel Lefebvre, le jeune homme tourmenté rencontré dans l’enquête précédente. En plus, un personnage de son passé réveillera chez lui une puissante soif de représailles.

«Chaque roman tourne toujours autour d’une notion ou d’une valeur, explique Jacques Savoie en entrevue. Dans Cinq secondes, c’était le pardon; dans Une mort honorable, c’était l’honneur, décliné de plusieurs façons. Celui-là est autour de la vengeance. L’idée que la vengeance des autres est toujours plus facile à critiquer que sa propre vengeance. Quand un événement qui porterait à la vengeance nous arrive à nous, c’est plus la logique qui parle, ça passe de la tête aux émotions.»

Jacques Savoie «creuse» l’histoire des tunnels souterrains de Montréal depuis le premier roman. «Jérôme connaît tous les souterrains de la ville et dans chaque livre, dans celui-là, je parle du souterrain qui passe sous la montagne, qui est le passage souterrain le plus dangereux de Montréal. Je parle aussi du réseau d’égouts de Montréal qui compte 42 kilomètres souterrains.» Claustrophobes s’abstenir: certains passages donnent de bons frissons.

Sous un autre angle

Le monde souterrain le fascine. «Je considère que je fais partie des nouveaux polars, qui abordent toutes sortes d’autres sujets qu’une enquête à résoudre. Montréal est ma ville d’adoption et j’essaie de la montrer d’un autre angle. J’ai fait la visite du Montréal souterrain pendant le festival Montréal en lumières et c’est intéressant: on ne voit pas tout, mais ça montre qu’il y a tout un monde sous nos pieds qu’on connaît moins.»

Il a également apprécié la symbolique des souterrains, qui lui permet de faire tout un jeu littéraire. «Jérôme Marceau creuse dans ses souterrains personnels en faisant enquête dans les souterrains de la ville. Il y a un double jeu. Ça donne des renvois dans l’un et dans l’autre et c’est intéressant à faire: ça me permet toujours de jouer sur deux côtés.»

Le doute

Jacques Savoie apprécie particulièrement le flair, l’instinct, l’intuition des enquêteurs dans les polars. «C’est un lieu où je peux faire une différence. C’est pour ça que Marceau est si mal embouché dans la vie. C’est un métis, il a un petit bras. Il n’a rien pour avoir beaucoup d’assurance en lui-même. C’est quelqu’un qui doute. Et j’ai remplacé l’intuition par le doute. Jérôme doute de lui-même constamment, mais il doute aussi de tout. Et c’est parce qu’il doute là où les autres ne doutent pas qu’il trouve.»

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