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La Sierra Leone muette face à Arthur Porter

Passer les menottes à un diplomate provoque généralement un scandale, mais pas dans le cas du Dr Porter

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Bien qu’Arthur Porter déclare être un diplomate de la Sierra Leone, ce petit pays d’Afrique ne s’est pas manifesté pour le sortir des geôles panaméennes où il croupit depuis une semaine.

Bien qu’Arthur Porter déclare être un diplomate de la Sierra Leone, ce petit pays d’Afrique ne s’est pas manifesté pour le sortir des geôles panaméennes où il croupit depuis une semaine.

Tard hier soir, l’avocat du Dr Porter au Panama, Me Ricardo Bilonick attendait toujours que le gouvernement de la Sierra Leone lui fasse parvenir un document officiel attestant du statut de son client, une semaine jour pour jour après son arrestation à Panama City.

Le mutisme de la Sierra Leone a de quoi surprendre, sachant que passer les menottes à un diplomate fait généralement scandale.

Me Bilonick plaide en plus que la santé de M. Porter ne lui permet pas de faire face aux difficiles conditions d’incarcération panaméennes.

Diplomate invisible

Arrêté le 26 mai au Panama, M. Porter prétend être en mission pour son pays natal et détenir l’immunité diplomatique. Mais, du côté d’Ottawa rien n’est moins sûr. «M. Porter ne détient pas de statut diplomatique au Canada en vertu de la Loi sur les Missions étrangères et les organisations internationales», affirme en effet Amanda Reid, du ministère des Affaires étrangères.

Me Bilonick réplique avoir en main une attestation officielle de la Sierra Leone datant de 2010. Pour lui, il est normal que son client ne figure pas dans les registres du ministère des Affaires étrangères, car il a le statut d’ambassadeur itinérant honoraire.

Ayant lui-même porté ce titre au nom du Panama, l’avocat explique qu’un tel représentant diplomatique n’a pas à être enregistré aux Affaires étrangères, car il change de pays d’une mission à l’autre.

En 2011, un ministre du gouvernement aurait toutefois déclaré au journal Africa Review que la nomination de M. Porter par le président Ernest Bai Koroma était seulement honorifique.

Le Canada tente d’extrader l’ancien directeur général du Centre universitaire de santé McGill pour répondre à des accusations de fraude envers le gouvernement et de recyclage des produits de la criminalité. Il aurait présumément offert ou vendu des informations privilégiées qui ont permis au consortium mené par SNC-Lavallin d’obtenir des contrats pour la construction du CUSM, en 2010.

– Avec la collaboration de Simon Bousquet

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