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Capitalisme à saveur socialiste?

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Le capitalisme est souvent présenté, par ceux à qui ce modèle profite, comme un système juste, humain et équitable. Même que la semaine dernière, Bernard Landry a parlé «d’économie sociale du marché», alors qu’en 2000, il épiloguait sur «l’éthique capitaliste» et «l’éthique civique».

Le capitalisme est souvent présenté, par ceux à qui ce modèle profite, comme un système juste, humain et équitable. Même que la semaine dernière, Bernard Landry a parlé «d’économie sociale du marché», alors qu’en 2000, il épiloguait sur «l’éthique capitaliste» et «l’éthique civique».

En 1999, Jean Charest, «l’humaniste», affirmait que le libéralisme social devait remplacer l’État providence, ce qui ressemble pas mal au «capitalisme de compassion» de l’ex-président des États-Unis George W. Bush. De la compassion et de l’éthique mon œil!

Inégalités de revenu

Le FMI vient de nous apprendre que 0,5 % de la population mondiale accapare 35 % des avoirs et de la richesse, tout en citant le Canada comme exemple de pays où le niveau d’iniquité s’est envolé depuis 25 ans. En 2013, la Banque mondiale nous a signalé que 1,3 milliard d’humains vivent dans une pauvreté extrême et l’ONU, en 2010, avait mentionné qu’à toutes les six secondes, un enfant mourait de faim. Cette concentration de la richesse, pendant que des milliards de personnes en souffrent, c’est criminel, tout comme les 32 trillions $ cachés dans les paradis fiscaux (Journal de Montréal, 24 juillet 2012).

Pendant que des exploiteurs, au déni de la réalité, nous présentent le capitalisme comme le meilleur modèle économique pour tous, accusant le socialisme d’être «extrême», l’ONU précisait, toujours en 2010, qu’au Canada, deux millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire et 900 000 individus, dont de plus en plus de travailleurs, font appel régulièrement aux banques alimentaires. En 2012, l’ONU a même sermonné le Canada à cause de la pauvreté chez ses enfants, alors que l’UNICEF soulignait, dans un rapport, que les enfants canadiens étaient négligés par l’État (avril 2013).

Aussi, on apprenait en 2009 que six Canadiens sur 10 vivent de paie en paie et le revenu médian n’a augmenté que d’un pauvre total de 53 $ depuis 25 ans (Journal de Montréal, 2 mai 2008). Enfin, il y a l’organisme patronal de recherche du Conference Board qui nous a dit que les inégalités de revenu progressaient plus vite au Canada qu’aux États-Unis, pire pays occidental en matière de répartition de la richesse. Faut le faire!

Capitalisme sauvage

Pourtant, la planète est entraînée dans un capitalisme sauvage. Au profit de qui? La crise financière de 2007, occasionnée par les institutions financières et les spéculateurs et qui n’en finit plus de finir, ce sont les responsables de cette escroquerie qui ont reçu des milliers de milliards de fonds publics. Ils s’en sont même sortis plus riches, alors que les travailleurs ordinaires ont perdu leur emploi et leur retraite, en plus de devoir payer la note.

Statistique Canada nous a appris que les entreprises canadiennes ont émergé de la crise moins endettées et en meilleure santé financière depuis les 40 dernières années, sans oublier que les 150 plus grandes compagnies canadiennes (excluant banques et assureurs) ont 575 milliards $ qui dorment actuellement dans leurs coffres à l’abri des curieux.

Il est où le «capitalisme social et équitable»? Il serait plus juste de dire «capitalisme extrémiste, cupide et égoïste».

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