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Mont royal

Un avenir incertain

De grandes institutions quittent la montagne, ce qui soulève des inquiétudes

Un avenir incertain
Photo courtoisie Ville de Montréal Les institutions érigées sur le mont Royal occupent environ 60 % du territoire de la montagne.

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Avec les nombreux départs prochains des institutions qui occupent le mont Royal, l’avenir de la montagne apparaît pour le moins incertain et ce n’est pas sans inquiéter les défenseurs du patrimoine montréalais.

Avec les nombreux départs prochains des institutions qui occupent le mont Royal, l’avenir de la montagne apparaît pour le moins incertain et ce n’est pas sans inquiéter les défenseurs du patrimoine montréalais.

Plus de 150 personnes prendront d’ailleurs part aujourd’hui à un sommet à la Polytechnique pour tenter de déterminer et planifier le futur de la montagne.

C’est qu’on appréhende le déménagement d’institutions telles que l’Hôtel-Dieu, le Royal-Victoria, la maison mère des hospitalières de Saint-Joseph et l’Hôpital Shriners pour enfants.

On ne sait toujours pas ce qu’il adviendra de la quarantaine de bâtiments après la migration de ces points de service vers le CHUM et le CUSM, actuellement en construction. Ils laisseront derrière eux plus de 200 000 mètres carrés de locaux inhabités.

Qu’en fera-t-on? Difficile à dire. Personne ne sait si la montagne sera remplie de condos de luxe, d’écoles ou de nouveaux centres de soins de santé.

«On est au début des démarches, tous les projets sont encore possibles», explique Gabrielle Korn, directrice des communications des Amis de la montagne.

«C’est un enjeu d’une importance majeure qui risque de changer le visage de la montagne», dit-elle, ajoutant qu’il faut que le mont Royal demeure accessible au public.

C’est dans ce cadre que des représentants de la Ville, comme des milieux académique et communautaire, se réunissent ce matin pour déterminer ce qui sera protégé, transformé ou détruit selon sa valeur patrimoniale.

«Il y a des bâtiments patrimoniaux, d’autres pas. Tout est encore envisageable», lance Mme Korn avec optimisme.

En retard de dix ans

À Héritage Montréal, Dinu Bumbaru est perplexe. «Ce qui me préoccupe beaucoup, c’est que contrairement à un tremblement de terre ou un astéroïde qui nous tombe sur la tête, c’était attendu», déclare le directeur de l’organisme.

Il ne comprend pas pourquoi ce sommet ne s’est pas tenu avant. «Ça fait dix ans que ça aurait dû être planifié», déplore M. Bumbaru en reprochant au gouvernement de manquer de leadership.

«Ce qui nous inquiète, c’est qu’il n’y ait pas d’options sur la table», précise-t-il.

Dinu Bumbaru est persuadé que Québec souhaite vendre ses bâtiments au plus offrant, sans égard pour la conservation du patrimoine.

Tant pis pour les corniches...

«Si le Conseil du trésor prévoit aller chercher 60 millions de dollars, on ne va pas discuter de la valeur patrimoniale des corniches très longtemps», craint-il.

Le directeur d’Héritage Montréal souhaiterait que les édifices soient utilisés pour répondre aux besoins existants de la population.

Réunis en assemblée générale hier, à la veille du sommet, les membres d’Héritage Montréal ont demandé au gouvernement provincial de faire preuve de transparence pendant le processus et de garder les bâtiments publics et accessibles.

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