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J’ai une devinette pour vous en ce petit samedi matin.

J’ai une devinette pour vous en ce petit samedi matin.

Comment appelle-t-on deux jours de pluie consécutifs à Québec? Un weekend. Tsé, comme celui que vous êtes en train de vivre en ce moment, là. Tsé un deuxième de suite ou vous vous dites, «tapeu que j’pogne Phil la marmotte toué, m’a y’en faire un printemps hâtif le batinse, tu vas voir qu’y va rentrer dans son trou».

Non mais, faut quand même être faits forts pour s’accrocher un sourire au Québec avec le temps instable qui nous afflige depuis quelques semaines − certains diront même quelques mois.

Humeur et température

Le mauvais temps est au cœur de toutes les discussions. Après un hiver en dents de scie, et un printemps très moyen, la mauvaise humeur prévaut face à la grisaille. Quand tout ce que l’on trouve de positif à dire, c’est que le cancer de la peau va régresser, c’est qu’on est dus pour du beau temps pas à peu près.

On a souvent tendance à reporter nos angoisses quotidiennes sur le temps. Et comme ce n’est pas encore taxé, on s’y donne à cœur joie. La critique du temps devient donc un exutoire pour une bonne tranche de la population.

Cela dit, j’ai voulu savoir si l’on pouvait trouver une explication plus rigoureuse, un lien plus direct entre humeur et température. Eh oui, j’ai déniché quelques pistes de réflexion.

D’abord, selon une étude publiée par CNN en 2011, les trois quarts des Nord-Américains estiment que les conditions météorologiques agissent sur leur bien-être, sur leur humeur et leur plaisir de vivre.

Les chercheurs internationaux ont même créé une nouvelle science: la biométéorologie. Une complexe combinaison de plusieurs disciplines scientifiques, principalement la météorologie, la médecine et la biologie.

Ces experts, dont plusieurs sont issus de la psychiatrie, la science neurologique et la biopsychologie, ont soumis quelques observations. D’abord, une liste de symptômes dont souffrent les «météo sensibles»: augmentation de l'irritabilité et de l'agressivité, présence d'anxiété, de la dépression, d’apathie, de fatigue et un manque de concentration ainsi que de troubles du sommeil.

Puis, des faits plus précis: 80 % des gens ont des changements d’humeur liés au temps certes, mais non significatifs; 10 % n’en ressentent jamais les effets et un autre 10 % seulement est très vulnérable aux variations.

De ce 10 % du public plus touché, moins de 5 % peuvent vivre une dépression saisonnière marquée fortement par la perte de sommeil et d’appétit. Et, parmi les plus affectés par le mauvais temps, le pourcentage de femmes est cinq fois plus élevé que celui des hommes.

S’exposer aux éléments

Comme notre corps vit sur une horloge biologique de 24 heures, c’est la lumière qui module nos séquences de veille et de sommeil.

La bonne nouvelle, c’est que nos passages à vide sont courts et peuvent rapidement disparaître après quelques jours de beau temps.

D’ailleurs, un scientifique rappelle le meilleur conseil contre la déprime météo: il faut durcir nos sens en les exposants aux éléments, passer plus de temps à l'extérieur, dans toutes sortes de conditions météorologiques, plus difficiles les unes que les autres.

Tiens, tiens, justement, au Québec, c’est parfait, on peut souvent vivre toutes les saisons dans une seule et même journée...!

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