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Cyclistes traqués

Une opération policière suscite une vague de plaintes

Cyclistes traqués
Photo d’archives Le nombre de contraventions données aux cyclistes est en hausse depuis deux ans.

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Les policiers ont les cyclistes à l’œil depuis plusieurs jours. Feu rouge brûlé, absence de réflecteur, circulation sur le trottoir: rien ne leur échappe, au grand dam des cyclistes.

Les policiers ont les cyclistes à l’œil depuis plusieurs jours. Feu rouge brûlé, absence de réflecteur, circulation sur le trottoir: rien ne leur échappe, au grand dam des cyclistes.

«J’étais sur Berri, au coin de Viger sur la piste cyclable. Le temps de m’engager, la lumière est devenue jaune. Selon le policier, j’ai passé sur la rouge», raconte Alexandre Pépin, cofondateur de l’Association des vélos en position allongée du Québec, qui a reçu une contravention jugée abusive.

«Je vais contester, c’était du zèle. Je circulais en bixi vers le bureau, je n’allais pas faire du cross-country en forêt», dit-il.

Suzanne Lareau, présidente directrice générale de Vélo Québec, n’est pas contre l’idée que les policiers fassent des campagnes de sécurité routière, mais elle a l’impression qu’ils s’acharnent. «Je n’ai jamais eu autant de commentaires sur les réseaux sociaux», avoue-t-elle.

Elle dit même avoir été appelée chez elle par des cyclistes mécontents de l’attitude des policiers.

«Il y a un manque de discernement dans l’application des lois», pense-t-elle. Mme Lareau estime que le code de la sécurité routière datant de 1981 est dépassé car il ne tient pas compte de la réalité du cyclisme d’aujourd’hui.

«Les réflecteurs sont obligatoires sur les vélos depuis 1981, cependant les bandes réfléchissantes peuvent faire le travail», dit-elle.

Protéger les gens contre eux-mêmes

Selon André Durocher, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), les policiers ne font pas de zèle dans cette campagne de sensibilisation. «On ne part pas en guerre contre les cyclistes. Nous sommes fiers qu’il y en ait de plus en plus», dit-il.

Il invite les organismes de vélo insatisfaits du code de la route actuel à faire entendre leurs voix dans les forums appropriés.

«Ce n’est pas nous qui votons les lois. Nous travaillons avec les outils qui nous sont donnés. On veut protéger les gens contre eux-mêmes», explique M. Durocher.

Ce dernier reconnaît que les policiers doivent faire preuve de discernement dans l’application des lois.

Il rappelle qu’il y a des recours possibles auprès du comité de déontologie pour les cyclistes se considérant lésés. Il en profite pour tendre la main aux associations de cyclisme. «Au SPVM, nous sommes ouverts au dialogue.»

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