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Montréal | CHUM

L’étau se resserre

Le salaire du DG a été bonifié avec l’argent de la Fondation

Christian Paire
Photo Jean-François Desgagnés Christian Paire à la Commission parlementaire sur la gestion du CHUM, le 10 juin.

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La direction de l’Université de Montréal (UdeM), le ministère de la Santé et le Vérificateur général du Québec détiennent des preuves montrant que des fonds provenant de la Fondation du CHUM ont servi à bonifier le salaire de Christian Paire.

La direction de l’Université de Montréal (UdeM), le ministère de la Santé et le Vérificateur général du Québec détiennent des preuves montrant que des fonds provenant de la Fondation du CHUM ont servi à bonifier le salaire de Christian Paire.

Le Journal a obtenu copie d’un chèque de 30 000 $ fait par la Fondation du CHUM à cet effet à la Faculté de médecine de l’UdeM. D’autres documents confidentiels, obtenus par le Journal indiquent que le président de la Fondation du CHUM, Ékram Antoine Rabbat, a lui-même demandé à la Faculté de médecine de l’UdeM de faciliter un paiement destiné au DG du CHUM.

L’administration centrale de l’UdeM détenait ces documents depuis novembre 2011 au moment où elle a signifié à Christian Paire qu’elle mettait fin à cette entente. Vexé, ce dernier a intenté au début de l’année une poursuite contre l’institution universitaire pour récupérer cette somme.

Le ministère de la Santé a maintenant ces documents en sa possession et le Journal a appris que le Vérificateur général du Québec, qui enquête sur la gestion du CHUM, en a lui aussi une copie. À la suite de l’embauche de Christian Paire, en 2009, la Fondation du CHUM a conclu une entente avec la Faculté de médecine de l’UdeM.

Cette entente «comportait une contribution de 30 000 $ annuellement», peut-on lire dans des documents administratifs. La Faculté s’engageait quant à elle à verser 50 000 $.

Manœuvres contraires à la loi

Tout cela a été admis par le recteur Guy Breton en commission parlementaire, cette semaine. Il a prudemment invoqué des «choses délicates», mais a confirmé la transaction: «La fondation hospitalière a contribué à cet échange d’argent.» M. Breton a dit avoir décidé avec ses collaborateurs de «mettre fin à cette pratique».

Personne ne pouvait donc ignorer, à commencer par l’ex-ministre Yves Bolduc, que ces manœuvres administratives étaient non conformes. La Loi sur les services de santé est claire et prévoit la «déchéance de sa charge» à un DG d’hôpital qui accepte une somme ou un avantage d’une fondation qui sollicite des dons dans le domaine de la santé.

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