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Cyclisme | Championnats canadiens

Dépannage réussi !

Malgré une crevaison, Joëlle Numainville remporte la course sur route

Joëlle Numainville
Photo France Quirion, Agence QMI Contre toute attente, Joëlle Numainville traverse la première la ligne d’arrivée. Elle venait d'avoir une crevaison quatre kilomètres plus tôt!

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Championne du contre-la-montre jeudi, championne contre toute logique le lendemain!

Victime d’une crevaison à moins de quatre kilomètres de l’arrivée, Joëlle Numainville a tout de même remporté hier l’épreuve sur route des championnats canadiens, dans une finale propre aux grands rendez-vous.

Le Club automobile aurait retiré une leçon sur l’art du dépannage en assistant à la manœuvre déployée par l’équipe de Numainville. En cavale avec six autres concurrentes, la Lavalloise a été la seule à payer de sa malchance dans la portion de 150 m de gravier qui attendait le peloton à l’approche de la ligne.

Complètement à plat, Numainville a dû poser le pied au sol dans la poussière, contrainte à regarder filer ses copines d’évasion du moment. Jusqu’à l’instant où son équipe de mécanos a débarqué, telle la cavalerie à ses côtés. Hop! Un nouveau vélo lui arrivait comme par messagerie et, vite enfourché, l’athlète olympique des Jeux de Londres s’est lancée à l’épouvante à la recherche de la vingtaine, voire de la trentaine de secondes perdues.

«Ça m’a paru une éternité, cette attente», a dit Numainville à sa descente du podium en revenant sur les pensées qui l’occupaient au moment de sa déveine.

«Tu ne veux pas abandonner, tu es aux championnats canadiens. Est-ce que je donne mon 100 % dans les trois derniers kilomètres ou est-ce que je me plains sur mon sort? Avec l’expérience, j’ai appris qu’il ne faut pas abandonner. Dans le passé, j’aurais sûrement abandonné dans des circonstances identiques, mais je sais maintenant que c’est tellement plus facile d’abandonner.»

Aucune réaction à l’avant

Après le ménage causé par trois boucles de 14 km chacune dans le paysage montagneux de Saint-Odilon, sept des plus persistantes ont signé un pacte à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée. Quand le malheur de Numainville est survenu dans la «garnotte» maudite, on a cru que le sort final allait plutôt se régler entre six filles.

«Nous étions en avant, mais on se regardait. Du coup, ça a donné une chance à Joëlle de revenir. Tant mieux pour elle. Ça fait partie du vélo», a réalisé l’Amossoise Karol-Ann Canuel, qui s’est jointe cette année à l’équipe française Vienne-Futuroscope et qui termine au pied du podium.

«Je me demandais où elle (Numainville) était et je n’avais aucune idée de ce qui s’était passé. À la fin, elle est passée à côté de moi et j’ai fait: oh! oh!», a constaté Canuel, qui portait les couleurs de l’équipe du Québec pour les besoins de ces championnats nationaux.

Aux Mondiaux ?

Avec deux titres nationaux en 48 heures, Joëlle Numainville vient peut-être de prendre une option sur une place pour les Mondiaux à Florence, en septembre.

«Je suis super contente. Je savais en venant ici que j’étais en forme, mais tu ne sais jamais ce qui peut arriver. On est trois dans l’équipe qui peut gagner. Pourquoi ce serait moi plus qu’une autre? Même si je me sens plus forte une journée, je ne suis pas nécessairement celle désignée pour gagner. Mais quand la porte s’ouvre...», dit sans besoin de nous convaincre la coureuse la plus en vue de son équipe basée à Minneapolis.

Le même parcours servira aux hommes aujourd’hui, à la différence qu’ils s’offriront huit fois la boucle de Saint-Odilon pour une trotte de 186 km. Et dans la flotte, en prime!

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