/news/currentevents
Navigation
Montréal | Environnement

De jardin à décharge

Plusieurs ruelles vertes de la ville sont laissées à l’abandon

De jardin à décharge
Photo Le Journal de Montréal, Sonia Noreau Frédéric Bourrely, président du regroupement des Éco-quartiers, dans une ruelle verte laissée à l’abandon.

Coup d'oeil sur cet article

Financées à coup de subventions de plusieurs milliers de dollars, nombre de ruelles vertes de Montréal sont laissées à l’abandon et certaines se transforment quasiment en dépotoirs en raison de la négligence des citoyens qui devaient les entretenir.

Financées à coup de subventions de plusieurs milliers de dollars, nombre de ruelles vertes de Montréal sont laissées à l’abandon et certaines se transforment quasiment en dépotoirs en raison de la négligence des citoyens qui devaient les entretenir.

Une ruelle verte permet de transformer une allée bétonnée en jardin. Pour en avoir une derrière chez soi, il faut que des voisins motivés s’impliquent.

Appuyés dans leurs démarches de financement par les Éco-quartiers, ils doivent faire approuver leur projet par tous les voisins concernés, puis par l’arrondissement. Ils sont ensuite responsables de l’entretien.

Une ruelle verte peut coûter entre 5000 $ et 20 000 $ en moyenne, mais le prix peut atteindre 50 000 $. «À 50 000 $, tu as une vraie ruelle verte», dit Frédéric Bourrely, président du regrou­pement des Éco-quartiers.

Plus d’une centaine

Il y a plus d’une centaine de ruelles vertes à Montréal et les demandes se multiplient. Lorsqu’elles sont entretenues, elles peuvent servir d’espace de jeux sécuritaire pour les enfants, de zone d’agriculture urbaine ou de détente. Bref, une oasis de beauté luttant contre les îlots de chaleurs.

Malgré la popularité croissante de ce programme, de vieilles ruelles sont aujourd’hui délaissées par ceux qui devraient s’en occuper.

Dans l’arrondissement Le-Plateau-Mont-Royal, au moins une douzaine de ruelles ont retrouvé leur ancienne apparence: poubelles, béton et saletés ont refait surface.

Décharges à déchets

Par exemple, le Journal a constaté que des déchets traînent parfois dans des ruelles vertes délaissées. Matelas, détritus, sacs et poubelles occupent la ruelle.

«Il y a quelques années, on a fait l’évaluation de nos ruelles vertes et on en a déclassé certaines qui n’avaient pas un niveau de verdissement assez important.

«Les gens déménagent, alors on a des projets qui fonctionnent très bien certaines années et qui ensuite sont délaissés», explique Isabelle Winter, agente de protection en environnement pour l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal.

Jardiniers demandés

Une ruelle verte peut améliorer l’apparence d’un quartier et la qualité de vie de ses habitants, mais il faut que tout le monde fasse sa part, souligne Diane Côté.

Le projet de verdissement de cette citoyenne n’a pas fonctionné à cause du manque de collaboration du voisinage.

«Il y avait des voisins impliqués, on faisait quelque chose de beau, mais les gens prenaient la ruelle pour un dépotoir. Je me suis découragée. On volait mes plantes et les maîtres de chiens ne ramassaient pas les crottes de leur animal. C’était une toilette à ciel ouvert», déplore-t-elle.

«C’est un beau projet, mais la pérennité, ce n’est pas évident, estime Pierre Marquis, qui réside devant une ruelle verte qui connaît un franc succès. La première année, ça marche, mais il faut continuer à l’entretenir ou ça part tout croche.»

Afin d’éviter que les projets de ruelles vertes ne tombent en friche, l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension demande aux gens qui se lancent dans l’aventure de signer un contrat.

En signant, ils promettent de prendre soin de la ruelle et même de trouver quelqu’un d’autre pour le faire s’ils déménagent ou s’ils ne peuvent plus le faire eux-mêmes.

Pour sa part, l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal souhaite mettre sur pied un comité vert du Plateau qui chapeauterait les comi­tés citoyens en charge de l’entretien des ruelles.

Commentaires