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Dur coup pour les familles

Les grands appartements se louent de plus en plus cher à Montréal

Dur coup pour les familles
Photo Le journal de Montréal, Chantal Poirier Sonia Massé et ses quatre enfants, Hayley, Damian, Esmae et Hayden, vivent dans un logement trop petit pour les besoins de la famille.

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Les familles nombreuses sont prises à la gorge par l’augmentation des prix et la rareté des grands appartements. Entassée à six dans un quatre et demi à Lachine, la famille de Sonia Massé en sait quelque chose.

Les familles nombreuses sont prises à la gorge par l’augmentation des prix et la rareté des grands appartements. Entassée à six dans un quatre et demi à Lachine, la famille de Sonia Massé en sait quelque chose.

«Ce n’est pas assez grand pour une famille de six personnes», dit Mme Massé. Avec trois enfants de moins de sept ans et un bébé d’à peine six mois, elle sait qu’elle doit déménager.

Mais non seulement les propriétaires prêts à accommoder les familles nombreuses se font rares, les prix des grands logements ont également augmenté ces dernières années. Et les pronostics ne sont guère optimistes.

Et ce, même si le taux d’inoccupation général et la hausse des loyers se sont stabilisés. Les difficultés de Sonia Massé sont le lot de plusieurs grandes familles montréalaises. Louer un grand logement coûte de plus en plus cher.

Un appartement qui coûtait 858 $ il y a un an coûte en moyenne 907 $ aujourd’hui, selon le dernier rapport de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL).

Le prix des appartements de trois chambres et plus qui sont sur le marché depuis au moins deux ans a augmenté de 4,3% en un an, selon le même rapport qui précise qu’il faut prendre cette statistique avec un grain de sel.

«Il y a peut-être une pression plus forte pour les grands appartements, car on n’en construit très peu», estime David L’Heureux de la SCHL.

Mais, pour l’instant, la famille de Mme Massé s’arrange comme elle le peut. Les plus jeunes dorment dans la chambre des parents, car la famille n’a pas les moyens de s’offrir mieux.

«C’est sûr qu’on veut un logement plus grand, mais les appartements de quatre chambres coûtent dans les 1200 $ par mois.»

Le couple paye 800 $ mensuellement pour un logement de deux chambres à coucher.

Loin d’être idéal, l’appartement a été très difficile à décrocher. Pour loger une famille nombreuse, il faut commencer les recherches environ six mois à l’avance, selon Sonia Massé.

Le jeune couple a appris à ne plus emmener ses enfants lorsqu’ils visitent des logements, et même à mentir lorsqu’on leur demande s’ils en ont.

«Nous n’avons pas honte d’avoir une famille, mais, si on amène nos enfants, on se fait dire non tout de suite. C’est vraiment plate d’en arriver à ça», se désole-t-elle. Ils se sont résolus à quitter la métropole l’an prochain.

En voie de disparition

«Plus personne ne construit de grands logements. Moi, je serais porté à dire qu’ils sont en voie de disparition», estime Hans Brouillette, directeur des affaires publiques de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec.

Les grands logements sont les plus vieux et ont besoin de rénovations. Or, les loyers seraient trop bas pour les financer, pense M. Brouillette.

Il croit qu’il est plus difficile de louer un logement à une famille nombreuse, à cause des plaintes de bruit des autres locataires. Idéalement, il souhaiterait que le gouvernement aide financièrement les familles nombreuses à se loger dans les rez-de-chaussée d’immeubles.

«Ça donnerait un accès à la cour aux familles avec beaucoup d’enfants. Ce n’est pas toutes les familles qui ont les moyens de prime abord de louer tout un rez-de-chaussée», estime M. Brouillette.

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