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LAC-MÉGANTIC

Toutous d’ici et câlins de France

Toutous d’ici et câlins de France
photo agence qmi, didier debusschere La mairesse de Lac-Mégantic Colette Roy-Laroche pose fièrement devant l’affiche de la ville confirmant son jumelage avec Dourdan, en France.

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Il y avait un trafic fou hier sur la rue Laval, l’artère principale de Lac-Mégantic. On se serait cru sur Sainte-Catherine à Montréal ou sur Grande-Allée à Québec tellement tout roulait au ralenti.

Il y avait un trafic fou hier sur la rue Laval, l’artère principale de Lac-Mégantic. On se serait cru sur Sainte-Catherine à Montréal ou sur Grande-Allée à Québec tellement tout roulait au ralenti.


La température aidant (il faisait un soleil de plomb), plusieurs visiteurs se sont pointé le nez dans la ville, que ce soit par curiosité ou par compassion. N’empêche que le quotidien des citoyens était drôlement chamboulé.


Un homme était à la fois étourdi et maussade.


«On n’a jamais vu autant de monde ici en même temps et le pire, c’est qu’on n’a plus rien à leur montrer de notre magnifique centre-ville», a déploré Bernard Morin.


Beaux et doux oursons


Pendant que les voitures et les motos circulaient lentement à la queue leu leu dans les rues de la ville, des enfants prenaient des tours de voiturette électrique dans le stationnement du magasin Canadian Tire.


Au volant d’une auto-patrouille miniature aux couleurs de la Sûreté du Québec, ces gamins avaient les yeux grands et le sourire accroché au visage. Leurs parents répondaient ainsi à l’invitation de la SQ qui faisait une distribution d’oursons en peluche à l’effigie du corps policier. La SQ, dit-on, a remis une centaine d’exemplaires de «Mon ami l’ourson» aux enfants.


Parmi ceux-là, Zoélie (5 ans) et Anaïs (6 ans) Moffatt étaient au septième ciel. «Ils sont doux et ils sont beaux nos toutous», disaient-elles à leur père Philippe, qui surveillait la scène.


«Elles sont trop jeunes pour réaliser tout ce qui arrive, admet le paternel qui a perdu des amis dans la tragédie, mais elles posent des questions en voyant toutes les images de leur ville à la télé. On tente de les rassurer. Maintenant avec l’ourson, elles ont un nouvel ami.»
 


Fête nationale gâchée
 


Pendant qu’on s’affairait à divertir les gamins à Lac-Mégantic, de l’autre côté de l’Atlantique, à Dourdan, en France, on accusait le choc encore très difficilement. Pourtant c’était la fête nationale de nos cousins français hier, mais dans cette petite localité de 10 000 habitants située à 44 km au sud-ouest de Paris, dans l’Essonne, on n’avait pas le cœur à la rigolade.


Dourdan est jumelée à Lac-Mégantic depuis 24 ans et des liens très serrés ont été tissés au fil du temps avec les gens d’ici.


«C’est une catastrophe innommable, monsieur», disait le maire Olivier Legois que j’ai rejoint sur son portable.


«Dans mon discours du 14 juillet, j’ai mentionné aux citoyens que la fête était gâchée par ce qui arrivait à nos cousins de Lac-Mégantic. Nous avons mis les drapeaux en berne en guise de solidarité.»


M. Legois arrive à peine d’un séjour d’une semaine à Lac-Mégantic, où il a pu constater la beauté des lieux et la chaleur des gens.


«C’était mon premier voyage en Amérique. Je parle à tout le monde ici du bel accueil des citoyens. J’ai logé chez le conseiller municipal André Desjardins: un séjour inoubliable.


«De savoir que le beau centre-ville est rasé me fend le cœur. Les Dourdannais se sentent bien loin de leurs amis Méganticois. On leur envoie toutes nos pensées positives et les assurons de notre soutien.»


M. Legois insiste. «On va apporter notre pierre à la reconstruction, c’est certain. Quelle forme cela prendra, on l’ignore pour l’instant, mais lorsque je pourrai avoir une bonne discussion avec Mme (Colette) Roy-Laroche, nous en aurons une meilleure idée.


«Déjà, nous avons mis sur pied l’organisation d’un concert à l’église en octobre. On n’oubliera pas les gens de Lac-Mégantic. Les amis, c’est fait pour ça.»

Quant à la mairesse Colette, à qui j’ai parlé après son point de presse en après-midi, elle était touchée par les paroles réconfortantes de son homologue.


La «Dame de granit» n’a jamais douté de l’appui des Dourdannais.


«Savoir que nos amis de Dourdan ont célébré leur fête nationale les drapeaux en berne et avec une pensée pour nous traduit bien la force des liens que nous avons créés entre les deux communautés. Ça me touche, mais ça ne m’étonne pas.»

Un jour, lorsque les médias et les curieux auront plié bagage, Lac-Mégantic devra se tourner vers ses amis les plus sincères pour obtenir du réconfort et de l’aide. À n’en pas douter, les Dourdannais seront de ceux-là.


 

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