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Alcool | Routes

Une pratique nocturne courante

Certains fêtards prennent un taxi jusqu’à leur voiture pour déjouer les policiers

Une pratique nocturne courante
Photos Frédéric Champagne En plus d’avoir à faire une étroite surveillance pour repérer les conducteurs ayant les facultés affaiblies par l’alcool, les policiers doivent régulièrement intervenir pour contrôler les débordements à la sortie des bars le week-end.

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Alors que la loi l’interdit clairement, plusieurs personnes s’installent derrière le volant de leur véhicule à la sortie des bars, après avoir consommé de l’alcool. C’est le constat qu’a fait le Journal dans la nuit de samedi à hier à Jonquière.

Vers 2 h du matin, lorsque le Journal s’est posté dans le stationnement situé à l’arrière de nombreux bars dans la rue Saint-Dominique à Jonquière, il était difficile de trouver un endroit pour garer sa voiture. Vers 3 h 45, le stationnement bondé était pratiquement désert.

Au cours de cet intervalle, plusieurs personnes ont été aperçues au volant de leur véhicule, quelques instants après avoir quitté le bar le Campus ou la boîte à chansons La Petite Grenouille. Certains criaient des paroles inintelligibles, alors que d’autres titubaient en se rendant à leur voiture.

Une jeune fille s’en est même prise à son copain lorsque celui-ci n’a pas voulu la laisser partir avec une amie qui avait bu selon lui.

«Je te le dis, je la connais, elle a seulement pris une bière. Elle n’est pas soûle, elle est correcte pour conduire», assurait-elle, prétextant qu’elle ne voulait pas payer pour retourner chez elle en taxi.

Deux jeunes hommes dans la vingtaine ont également pris la route après être passés tout près de notre journaliste.

«Je suis un peu chaud pour conduire mon char, je pense», a lancé l’un des deux à son camarade. «Tu as juste à faire attention», a immédiatement répliqué son acolyte, avant de prendre place sur le siège passager.

Un taxi pour les apparences

Plusieurs fêtards ont choisi de terminer leur soirée par une course de taxi, mais un chauffeur affirme que certaines personnes utilisent leurs services pour s’éloigner des policiers.

«La plupart des gens sont conscients des dangers et on les raccompagne jusqu’à leur domicile, mais ça arrive souvent que des clients nous demandent de les laisser dans un autre stationnement pour prendre leur véhicule. On essaie de leur dire, mais quand ils veulent sortir, on ne peut pas les obliger à rester dans notre taxi», déplore un chauffeur.

Entre 2 h et 3 h du matin, une patrouille de la Sécurité publique de Saguenay a sillonné le stationnement à deux reprises. Plusieurs automobilistes, en apparence ivres, réussissent tout de même à prendre le volant.

Stratégie

Trois jeunes filles qui présentaient des signes évidents d’ébriété ont d’ailleurs attendu que la première patrouille quitte les lieux vers 2 h 40 avant de prendre la fuite à bord d’une petite voiture

«Fais attention, tu es un peu pompette. On est mieux d’attendre un peu avant de partir», a lancé l’une d’elles à la conductrice. Les jeunes filles ont patienté plus de 30 minutes avant de prendre la route.

«Nous surveillons beaucoup, surtout le week-end. Nous arrêtons des gens pour conduite avec les facultés affaiblies, mais il y en a toujours qui nous échappent», confie un policier de la Sûreté municipale.

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