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Dur de déconnecter

La saison estivale est une bonne raison de passer plus de temps en ligne

Dur de déconnecter
Photo le Journal de Montréal, Sonia Noreau Manuel Oliva s’inquiète du temps d’utilisation d’internet de sa fille Anna, 11 ans.

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De plus en plus de jeunes passent l’été le nez collé dans leur tablette ou leurs téléphones intelligents, au détriment de leur sommeil et de leurs relations sociales. Leurs parents sont de plus en plus nombreux à s’inquiéter.

De plus en plus de jeunes passent l’été le nez collé dans leur tablette ou leurs téléphones intelligents, au détriment de leur sommeil et de leurs relations sociales. Leurs parents sont de plus en plus nombreux à s’inquiéter.

«Je suis sur internet 24 heures sur 24», déclare une jeune fille de 17 ans préférant garder l’anonymat. En parlant à la représentante du Journal, elle lève à peine les yeux de son téléphone intelligent.

Depuis le début des vacances elle dit utiliser davantage les réseaux sociaux. «J’y vais automatiquement quand je me lève et quand je me couche. J’aime parler avec mes amis sur Facebook, ils sont toujours là.»

«Si un jeune reste chez lui, cette personne va passer plus de temps sur internet, c’est sûr», estime William Bruneau-Bouchard, 16 ans. Dans des cas extrêmes, certains jeunes de sa connaissance vont jusqu’à y passer plus de six heures par jour.

«Beaucoup de gens dans ma classe passent plusieurs heures sur Facebook. Ils sont en ligne le matin, le midi et en soirée aussi», explique Charles Ouimet, 17 ans qui dit se limiter à une heure d’internet par jour.

Même les sportifs ont de la difficulté à débrancher. «On a une difficulté énorme au camp de jour à leur ôter leur cellulaire», raconte Éric Czerniecki directeur des camps de Sport Montréal.

«D’habitude, avec les horaires d’école, ma fille va sur internet après ses devoirs et que pour une heure et demie. Mais maintenant que c’est les vacances, je lui laisse plus de temps», explique Manuel Oliva, père d’Anna qui a onze ans.

«Parfois, elle me joue des tour » dit le père de famille qui a surpris sa fille, la nuit, sur le web avec son iPad.

Des parents inquiets

Les lignes d’écoute Tel-Jeunes et Éducation-coup-de-fil reçoivent de plus en plus d’appels de parents inquiets du nombre d’heures que passe leur adolescent en ligne.

«On reçoit des appels de parents qui ont perdu le contrôle surtout avec les téléphones intelligents», rapporte Michel Lafortune, directeur général de Tel-Jeunes.

La majorité d’entre eux auraient peur de perdre le contact avec leur adolescent.

Dans certains cas, «parce que les jeunes n’ont rien à faire, pas d’emploi, c’est une façon de passer le temps», pense Valérie Van Mourik, intervenante au Centre Dollard-Cormier.

Cependant, ce passe-temps peut avoir des effets pervers.

«Le grand problème avec la surconsommation du web est l’impact que ça a sur leurs heures de sommeil. Leurs cerveaux sont encore en développement», selon Matthew Johnson directeur à l’éducation à Mediasmart.

«Or, un grand nombre de jeunes dorment avec leur téléphone intelligent sous leur oreiller pour ne pas manquer un texto», dit M. Johnson.

«Ça nuit beaucoup à la communication avec les parents, confirme Paule Clotteau, thérapeute familiale à l’Institut de formation d’aide communautaire à l’enfant et à la famille. Les adolescents ont des relations virtuelles, mais ils n’ont pas d’interaction affective. Ça fait des relations extrêmement froides», estime-t-elle.

Cyberdépendance

On peut même en développer une cyberdépendance. «La personne cyberdépendante dort moins, voit moins ses amis, s’isole, prend du poids, ne mange pas bien et va sur internet pour fuir l’ennui ou la dépression», explique Mme Van Mourik.

Ce problème peut avoir des impacts au retour des classes. «Les étudiants qui devraient étudier vont sur Facebook ou un jeu en ligne et y passent quatre heures», dit l’intervenante qui dit recevoir beaucoup plus de demandes d’aide lors des périodes d’examen du secondaire, du cégep et même de l’université.

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