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La deuxième vie de Black Jack

La deuxième vie de Black Jack
photo courtoisie En octobre dernier, Black Jack s’effondrait en raison d’épuisement dans une rue du Vieux-Montréal. Deux mois plus tard, il reprenait goût à la vie dans un refuge au Saguenay.

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Un soir d’octobre dernier, un percheron hongre de 10 ans s’effondrait, épuisé, dans les brancards de sa calèche, en pleine rue de Montréal. Aujourd’hui, Black Jack s’ébat dans le pré d’un foyer qui lui a offert une nouvelle vie au Saguenay.

Un soir d’octobre dernier, un percheron hongre de 10 ans s’effondrait, épuisé, dans les brancards de sa calèche, en pleine rue de Montréal. Aujourd’hui, Black Jack s’ébat dans le pré d’un foyer qui lui a offert une nouvelle vie au Saguenay.

«Il fait le bonheur de tout le monde, c’est le cheval le plus extraordinaire qui puisse exister», déclare, un sourire dans la voix, Marilyne Fortin. C’est dans son écurie de quelque 20 chevaux du Saguenay que Black Jack, cheval de calèche rescapé, a trouvé sa place, en décembre dernier et qu’il a connu pour la première fois la liberté de courir dans un pré. Le cheval noir a aussi retrouvé la santé et une famille aimante, qui lui fait oublier les années épuisantes à battre le pavé urbain 12 heures par jour et à dormir coincé dans une stalle exiguë qui entravait ses mouvements naturels.

C’est la SPCA qui est intervenue dans le quartier Griffintown pour sauver deux chevaux de calèche, dont Black Jack, à la suite d’un appel dénonçant un cas de cruauté envers des animaux. Le propriétaire, qui n’a fait l’objet d’aucune poursuite, a accepté de céder les chevaux à la SPCA. Celle-ci a placé Black Jack dans un foyer temporaire, le temps qu’il se remet­te sur pattes.

Déshydraté

«Le rapport du vétérinaire après la saisie du cheval ne montrait pas de signes clairs de négligence, mais une déshydratation, des plaies superficielles aux jarrets et de l’épuisement», explique Chamie Angie Cadorette, directrice générale du Refuge de Galahad. C’est cet organis­me voué à donner une seconde chance à des chevaux souvent condamnés à l’abattoir qui a ensuite pris en charge Black Jack en décembre 2012 pour lui trouver de nouveaux maîtres. Et c’est Marilyne Fortin qui en est maintenant l’heureuse propriétaire.

«Cela n’a pas été facile de l’avoir, dit-elle en riant, tout le monde voulait prendre Black Jack, son histoire avait été médiatisée.» Pour pouvoir accueillir un cheval par le biais du Refuge de Galahad, elle devait faire certifier son écurie afin de répondre à certaines normes: «Cela a pris un certain temps et quand nous avons eu le feu vert, Black Jack avait été adopté par une autre famille. J’ai pleuré, mais pleuré!»

Finalement, les problèmes de santé du cheval ont fait en sorte que la première famille s’est désistée. À la grande joie de Marilyne et des siens.

«Il a encore des séquelles de ses années à tirer la calèche, explique Mme Fortin, il est très sensible à la chaleur. Sa meilleure saison, c’est l’hiver. Et il a tendance à faire de l’anémie.» Il lui faut des injections de vitamines et un ferrage spécial. Mais le grand animal profite pleinement de sa vie de cheval, dit-elle, de sa liberté découverte et il joue avec ses compagnons équins.

«Nous l’attelons, aussi, et il aime ça, malgré sa vie d’avant à tirer des calèches. Ce qui était pour lui un travail épuisant est devenu un plaisir.»

Les refuges de Galahad

Les refuges Galahad sont un réseau de plus de 70 foyers au Québec, certifiés et destinés à assurer une retraite aux chevaux. L’inspection et le suivi des foyers pour chevaux permettent de rassurer les gens sur la nouvelle famille adoptive et sensibilisent le public au bien-être des animaux.
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