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Saguenay

Une nouvelle technologie favorisera l'autonomie de personnes vulnérables

Nouvelle technologie Saguenay
PHOTO DANIEL GAUTHIER / AGENCE QMI Bruno Bouchard et Abdenour Bouzouane de l’Université du Québec à Chicoutimi.

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SAGUENAY – Les chercheurs Bruno Bouchard et Abdenour Bouzouane de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), travaillent depuis 2008 à leur projet de recherche qui consiste à créer un «milieu d’hébergement intelligent pour la clientèle ayant une déficience physique avec prédominance cognitive: de l’implantation à l’évaluation».

L’avancement de leurs recherches permet aujourd'hui à l’équipe de travail de faire des tests dans un appartement laboratoire.

«Au début on visait surtout les personnes atteintes d’Alzheimer, mais nous avons décidé d’élargir notre champ d’activités. En collaboration avec l’UQTR nous visons les personnes déficientes intellectuelles et avec l’Université de Sherbrooke ce sont les personnes traumatisées crâniennes», a expliqué Bruno Bouchard.

L’idée est d’utiliser une technologie qui permettra d’assister ces personnes ainsi que les proches aidants dans leurs tâches quotidiennes.

«Nous avons également l’intention d’apporter cette technologie dans les centres d’hébergement. Cela aidera les intervenants dans leur quotidien et améliorera la qualité de vie des bénéficiaires», a précisé M. Bouchard.

Revue et améliorée

Les chercheurs ont reproduit un appartement à l’intérieur des murs de l’UQAC afin d’effectuer différents tests. Ils utilisent des technologies déjà existantes comme un réfrigérateur et une cuisinière et les modifient pour que ces appareils deviennent intelligents.

Des capteurs d’identification par radio fréquence sont installés un peu partout dans l’appartement et permettent d’étudier les habitudes de la personne qui y demeure.

«Ce n’est pas un robot qui fait les choses à la place de la personne. Par exemple, le système l’avertira en clignotant les lumières, par signal sonore ou encore par vidéo que son action n’est pas complète», a indiqué le chercheur.

«Si sa sécurité est menacée, nous pouvons couper l’alimentation de l’appareil, mais l’objectif est de stimuler cognitivement la personne. Ce qui peut être très bon pour les personnes traumatisées crâniennes qui doivent réapprendre la routine de leur quotidien», a-t-il ajouté.

Cela favorise ainsi l’autonomie des personnes. Actuellement, plusieurs tests en laboratoire sont effectués afin de connaître quels sont les meilleurs signaux à utiliser.

Un premier brevet pour l’équipe de chercheurs

Après plus de cinq ans de recherches, l’équipe du laboratoire d’intelligence ambiante pour la reconnaissance d’activités (LIARA) est maintenant en processus pour faire breveter un prototype : une cuisinière intelligente.

«Nous faisons affaire avec l’entreprise SOVAR qui va nous aider avec la commercialisation de ce produit ainsi que pour obtenir notre brevet industriel», a dit le chercheur Bruno Bouchard.

En instance de brevet, impossible de dévoiler ce que cette cuisinière intelligente saura faire. Il s’agit toutefois d’un pas dans la bonne direction pour l’équipe de recherche qui tentera de breveter d’autres technologies au cours des prochaines années.

Mais de façon générale, combien pourrait bien coûter un appartement intelligent?

«C’est difficile à chiffrer, nous allons lancer les systèmes un par un et les gens pourront se procurer un seul appareil ou encore avoir un appartement intelligent complet. Il y en aura pour tous les portefeuilles », a expliqué M. Bouchard.

Milieu industriel

Les travaux du LIARA servent déjà dans le milieu industriel puisque certains de leurs algorithmes développés au cours des dernières années sont utilisés.

«Ça peut être appliqué pour la maintenance d'entreprises, des jeux vidéo ou encore pour des évènements. Pour les jeux vidéo, par exemple, on analyse l’autonomie selon le profil des personnes», a affirmé M. Bouchard.

Pour les entreprises industrielles, ces algorithmes sont utilisés pour détecter des bris sur les machines.

Le chercheur souhaite également faire ce transfert de connaissances à des entreprises d’ici afin de stimuler l’économie régionale.

Objectifs

Le premier objectif de l’équipe du LIARA est de devenir une Chaire de recherche où le financement sera récurrent.

«Notre deuxième objectif est de développer un milieu d’expérimentation dans un vrai milieu d’hébergement. Il nous faudrait donc nous associer à un centre d’hébergement afin d’être capables d’introduire à plus long terme notre technologie», a expliqué Bruno Bouchard.

Finalement, le dernier objectif sera la commercialisation de la cuisinière intelligente qui permettra de créer plusieurs emplois, selon lui.

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