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François Legault doit partir

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Même s’il ne peut plus tolérer le statu quo, même s’il croit fermement que la lucidité et l’intelligence imposent à l’État de repenser son modèle interventionniste et bureaucratique, François Legault doit partir.

Même s’il ne peut plus tolérer le statu quo, même s’il croit fermement que la lucidité et l’intelligence imposent à l’État de repenser son modèle interventionniste et bureaucratique, François Legault doit partir.

Même s’il est convaincu que le Québec est pris dans un débat éternel d’identité qui ne cesse de l’affaiblir et même s’il chérit son parti et est convaincu de son utilité, Legault doit partir.

Même s’il comprend très bien les défis de notre nation moderne: le vieillissement de la population, l’accroissement de l’espérance de vie, la montée du multiculturalisme, l’endettement comme mode de vie et l’injuste régime de rentes publiques à prestations déterminées, malgré tout, Legault doit partir.

La CAQ est en péril sous sa gouverne.

Depuis plus de deux ans, François Legault n’est pas arrivé à imposer sa vision. Malhabile, il n’a pas su trouver la force nécessaire pour inspirer, susciter la passion, l’enthousiasme, la motivation et l’engagement autour de lui. Mauvais tribun, il ne parvient pas du tout à séduire.

Authenticité

La qualité première du leader qui inspire confiance n’est pas sa perfection, mais bien son authenticité. Il parle vrai, dit ce qu’il pense et pense ce qu’il dit. La confiance se construit goutte à goutte, mais se perd en litres, n’est-ce pas M. Legault?

Bien paraître ne suffit plus. Surtout devant deux vieux partis politiques qui n’ont plus de secret pour l’électorat. Sans connaître en détail chacun des programmes du Parti libéral ou du Parti québécois, il y a fort à parier qu’une majorité de citoyens sait fondamentalement à qui elle a affaire. Ce n’est pas si évident pour la Coalition avenir Québec.

Le défi de faire connaître une nouvelle plateforme, de nouvelles idées et des chemins différents qui impliquent des efforts et des sacrifices, ce pari donc, est colossal. Il impose impérativement un leader solide et charismatique, quelqu’un habile à vulgariser, à synthétiser et à rendre digestes des changements jugés essentiels.

Si l’on veut, par exemple, augmenter les revenus de l’État en s’inspirant des plans européens et choisir des moyens novateurs, comme des taxes à la consommation, pour y arriver, cela nécessite un doigté exceptionnel pour convaincre du bien-fondé d’une telle avenue. Il est toujours plus pénible de proposer des transformations, souvent perçues comme de l’incertitude et du danger par le public.

Dossiers épineux

Au Québec, il y a un grand nombre de vaches sacrées qui coûtent cher et la population est réticente à sacrifier les acquis des services gouvernementaux. Qui donc est prêt à amener sur la place publique des dossiers épineux et les défendre avec une délicate fermeté: l’électricité à juste prix, les frais de scolarité ajustés à la moyenne du Canada, la remise en question de l’assurance médicaments, des tarifs du programme de garderies ou le programme de congés parentaux, sans oublier l’inéquitable régime de pension étatique à prestations garanties?

La CAQ est née de la mort de l’ADQ et s’est donné comme mandat de proposer des solutions novatrices aux problèmes que connaît notre société moderne.

Seul un leader fort pourra réussir à convaincre le grand public de la pertinence de toutes ces remises en question de notre modèle québécois. La tâche est herculéenne, oui, mais les arguments ne manquent pas.

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