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Dossier | Pression à Montréal

Guy Lafleur est au service du public depuis plus de 40 ans

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Guy Lafleur ne fait rien à moitié. C’est un homme de cœur. Grand virtuose sur la patinoire durant ses années de gloire, il ne fait pas dans la ­dentelle quand il commente les dossiers chauds de l’actualité du Canadien.

Guy Lafleur ne fait rien à moitié. C’est un homme de cœur. Grand virtuose sur la patinoire durant ses années de gloire, il ne fait pas dans la ­dentelle quand il commente les dossiers chauds de l’actualité du Canadien.

Ses prises de position franches ­agaçaient l’ancienne administration du Canadien, sous George Gillett.

L’homme d’affaires du Colorado se ­demandait si Lafleur était un allié ou un ennemi de l’organisation. Mais il l’a ­toujours gardé à son service.

On ne touche pas à une légende.

Par son franc-parler, sa simplicité et son accessibilité, Guy Lafleur a succédé à ­Maurice Richard dans le cœur de la population ­sportive ­québécoise.

Comme son idole Jean Béliveau avant lui, il est devenu en terme d’accessibilité le meilleur ambassadeur sur lequel le Canadien pouvait ­miser dès le premier jour où il a endossé le chandail bleu-blanc-rouge.

UN DEVOIR

Lafleur n’a jamais compté les heures lorsque le public réclamait sa présence et il n’a pas changé.

Il ne part jamais avant d’avoir satisfait tous les amateurs s’étant déplacés pour le voir. Il est fait ainsi, «Ti-Guy».

Plusieurs grands noms de l’histoire du Canadien ont fait de même.

Rappelez-vous cette anecdote de Bobby Geoffrion le soir où le dossard ­numéro 5 porté par son père a été hissé dans les hauteurs du Centre Bell, la ­journée même du décès du «Boomer», en mars 2006.

L’aîné de la famille Geoffrion avait ­raconté qu’après un match au Forum, il avait dit à son père qu’il en avait assez d’attendre que son père signe des autographes et qu’il voulait rentrer à la ­maison.

La réponse du paternel avait été claire.

Pas question de partir tant que les fans n’avaient pas tous obtenu ce qu’ils étaient venus chercher.

RESPECT ET ACCESSIBILITÉ

Lafleur a eu une réaction typique quand Carey Price a dit se sentir à l’étroit à Montréal à la fin de la saison dernière.

«Le jour où un joueur du Canadien ne sera plus reconnu en public, il faudra se poser des questions», avait-il réagi.

À son retour en ville au début de ­septembre, Price a exprimé l’opinion d’après laquelle l’affaire avait pris des proportions démesurées.

Peut-être, mais il n’en pensait pas moins ce qu’il a dit.

Sinon, pourquoi avoir dit ça?

Lafleur s’explique mal que des joueurs puissent se plaindre de l’attention qui leur est portée.

«Le problème avec les joueurs d’aujourd’hui, c’est qu’ils veulent les millions et avoir la paix», déplore-t-il.

«Ils participent aux activités auxquelles l’équipe les oblige à prendre part, sinon ils n’y seront pas. Ils font seulement ce qui fait leur affaire.»

Lafleur estime que les joueurs devraient en faire davantage pour le public.

«C’est beau recevoir, mais à un moment donné, il faut redonner au public», continue-t-il.

«Les amateurs paient excessivement cher pour les voir évoluer sur la patinoire. En retour, ils veulent un peu de ­respect et de présence.»

En ce sens, le Canadien fait des efforts louables pour rendre ses joueurs ­accessibles.

L’idée d’envoyer ses joueurs et ses dirigeants rencontrer les amateurs à l’entrée principale du Centre Bell avant le premier match du calendrier préparatoire mérite d’être ­soulignée.

Mais quand les joueurs sont laissés à eux-mêmes après les matchs, ils ­n’arrêtent pas tous à la sortie du ­garage pour répondre aux demandes des amateurs.

Ils le font au centre d’entraînement à Brossard, mais les gens sont beaucoup moins nombreux à les attendre.

«C’est bien beau au début, les gens ne disent rien, mais vient un moment où ça ne marche plus», dit Lafleur.

PAS DE MAUVAISE EXPÉRIENCE

À l’époque du Forum, les joueurs ­sortaient à pied, coin Atwater et de ­Maisonneuve, et consacraient du temps au public.

Lafleur y restait souvent durant une heure. Il n’a jamais vécu une mauvaise expérience avec qui que ce soit.

«Les gens ont toujours été très gentils avec moi», affirme-t-il.

«J’ai toujours été proche du public. Quand je jouais, je passais mes étés avec Claude Mouton (ancien directeur des ­relations avec les médias du Canadien ­décédé en 1993) à me promener à travers la province. J’ai toujours été impliqué à ce niveau-là.

«Les gens ont toujours été respectueux et corrects avec moi.»

Tous les joueurs peuvent en dire ­autant. Les commentaires négatifs ­proviennent généralement des tribunes téléphoniques à la radio et des ­gradins certains soirs.

C’est sans oublier les méchants journalistes.

Ça s’appelle la rançon de la gloire, mais ce n’est pas aussi pire que certains joueurs le laissent ­entendre, la plupart du temps sous le couvert de l’anonymat ou par la bande, si vous l’avez ­remarqué.

Les partisans du Canadien ­adorent leur équipe. Ça comporte certains inconvénients pour les joueurs, mais peuvent-ils se dire vraiment maltraités?

Pas du tout.

Le Canadien est à Montréal ce que les Yankees sont à New York, ce que les Red Sox sont à Boston ou ce que les Cowboys à Dallas.

C’est la grosse équipe en ville.

Il en est de même pour les grandes équipes de soccer en ­Europe.

Comme les joueurs du Canadien le disent eux-mêmes, il n’y pas de meilleure ville où gagner que Montréal.

Si les amateurs étaient si ­méchants quand ils perdent, il y aurait longtemps que le Centre Bell serait vide.

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