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Carey Price

Les deux souhaits du paternel

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Jerry Price n’est pas différent des autres pères. Il recherchera toujours le bonheur de ses enfants.

Jerry Price n’est pas différent des autres pères. Il recherchera toujours le bonheur de ses enfants.

Même s’il digère parfois péniblement les critiques à l’égard de son fils, il ne l’imaginerait pas dans un autre uniforme que celui du Canadien.

«J’espère qu’il jouera toute sa carrière à ­Montréal. Je suis persuadé que le Canadien gagnera la coupe Stanley prochainement. Et si j’avais un ­autre souhait, je choisirais le retour des Expos!»

Les Expos n’ont toutefois pas constitué le cœur de la discussion avec l’homme de 55 ans, qui sortait d’une journée de travail pour Gibraltar Mines, à Williams Lake, au moment de la rencontre avec Le Journal de Montréal.

En 2005, Carey a marché sur les traces de son père en se faisant réclamer au repêchage. Jerry avait aussi connu ce bonheur 25 ans plus tôt. Les Flyers de Philadelphie avaient misé sur lui au 8e tour avec le 126e choix au total.

«Oui, c’était un peu la réalisation d’un rêve pour moi quand Carey a fait ses débuts dans la LNH, a admis le gardien natif de Coronation, en Alberta. Je n’ai jamais joué un seul match dans la LNH, mais mon fils y est parvenu. J’ai roulé ma bosse dans différents circuits mineurs entre 1978 et 1983.»

«Dans mon enfance, j’étais un grand partisan du Canadien. Tout le monde encourageait les ­Maple Leafs, en Alberta, se remémore-t-il. Je me souviendrai toujours que mon grand-père m’avait acheté un chandail du Canadien. J’ai toujours été un fan du CH.»

Les oreilles du père

Depuis maintenant sept ans, Jerry Price ne regarde plus uniquement le Tricolore de ses yeux de partisan. Il y a des jours où il doit servir d’oreilles attentives au gardien numéro un de l’équipe.

«Oui, il y a des moments où il trouve ça difficile, a reconnu le paternel. Tout le monde est humain. Je dois parfois donner des conseils à Carey, lui ­remonter le moral. Je lui montre une perspective ­différente. Je lui rappelle qu’il s’agit de son emploi et de sa passion, mais que ce n’est pas toute sa vie.»

«On se parle au téléphone, mais la plupart du temps, nous communiquons par des messages texte», a-t-il poursuivi.

Kayla, la petite sœur de 21 ans, a aussi un rôle à jouer, mais elle se tient loin de la glace.

«Mon père lui donne des conseils sur le hockey, il est l’expert dans la famille. Moi, je joue mon rôle de petite sœur et j’essaye de le conseiller sur des questions de la vie en général. Au cours des ­derniers mois, je lui ai souvent parlé de son ­mariage. J’en connaissais probablement plus que lui à ce sujet! Quand je lui parle, on jase de tout sauf de hockey. On se raconte notre vie.»

Vivre avec la pression

Dans la fournaise de Montréal, un gardien ­passera du statut de héros à celui de zéro en quelques heures.

«C’est difficile de jouer dans un marché comme Montréal, mais je crois que Carey gère bien la pression et toute cette attention, a noté Jerry. ­Honnêtement, il y a des jours où je me demande comment il fait pour y parvenir. Il est fort ­mentalement.»

En visite à quelques occasions au Centre Bell, Jerry Price n’a toujours pas trouvé la bonne ­recette pour rester imperturbable face aux ­critiques.

«J’imagine qu’un parent n’apprend jamais à endurer les moqueries. Quand on me demande comment je me sens quand je suis au Centre Bell et que Carey se fait huer. Je réponds toujours de la même façon: “Comment vous sentiriez-vous si votre fille ou votre garçon se faisait huer lors d’une pièce de théâtre à son école?” C’est le même sentiment.»

«Même s’il joue dans la LNH et qu’il est le ­gardien du Canadien, Carey restera toujours mon fils. Comme père, tu vis difficilement avec cette réalité quand des partisans lui crient des bêtises certains soirs. Tu veux toujours protéger tes ­enfants, c’est normal. Tu ne souhaites pas qu’ils se fassent mal. On oublie parfois que le hockey est un sport. C’est un jeu d’erreurs.»

«Il y a toutefois beaucoup plus de jours ­heureux que difficiles dans une ville de hockey comme Montréal, a conclu le paternel. Je connais mon fils et je sais qu’il est heureux avec le Canadien.»

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