/sports/hockey/canadiens
Navigation
pression à Montréal

Une attention plus grande que jamais

Coup d'oeil sur cet article

S’il en est un dont la vie a subi des bouleversements durant sa carrière avec le Canadien, c’est bien Stéphane Richer. L’homme aujourd’hui âgé de 48 ans a vécu toute une gamme d’émotions durant les six premières ­saisons où il a joué à Montréal.

S’il en est un dont la vie a subi des bouleversements durant sa carrière avec le Canadien, c’est bien Stéphane Richer. L’homme aujourd’hui âgé de 48 ans a vécu toute une gamme d’émotions durant les six premières ­saisons où il a joué à Montréal.

Richer a connu la gloire au cours de cette période en remportant la coupe Stanley à sa saison recrue et en ­réalisant deux saisons de 50 buts.

Mais à travers ses exploits, il a vécu l’enfer. De fausses histoires ont circulé à son sujet. Un potineur a évoqué une possible romance entre Roch Voisine et lui.

D’autres ont allégué qu’il se droguait.

Et c’était au temps où l’Internet et les ­réseaux sociaux n’existaient pas!

À l’automne 1991, durant le camp ­d’entraînement, Serge Savard a sorti ­Richer de Montréal en l’échangeant aux Devils du New Jersey, en retour de Kirk Muller.

Citation célèbre

Cinq ans plus tard, Réjean Houle le ­rapatriait dans le giron du Canadien.

Libéré de ses démons, plus sûr de lui, ayant franchi la trentaine, il a décidé un jour de lancer un message aux gens pour qui le Canadien représente tout.

Ça s’adressait tant aux amateurs qu’aux journalistes.

J’ai de bonnes raisons de m’en souvenir puisque c’est à moi que Richer avait tenu son discours dans une salle ­d’attente de l’aéroport de Philadelphie.

«Je sais que je vais me faire ramasser, mais tant pis!», avait-il commencé par dire.

«Y’a pas juste le hockey dans la vie. Les gens devraient réaliser ça.»

Effectivement, ses propos avaient fait jaser tout le Québec.

Pire que jamais

Aujourd’hui, Richer se dit que la ­situation ne s’est pas arrangée.

Loin de là!

«Il y a plus de médias et plus de monde que jamais dans l’entourage du Canadien, constate-t-il.

«C’est pire encore que dans mon temps.»

À ses yeux, il y a plusieurs «Jos connaissant» qui sévissent.

«À les entendre, ils ont toutes les répon­ses et toutes les primeurs, sauf qu’ils n’ont jamais joué la game.

«Ils ne savent pas ce que c’est que de ne pas avoir de vie privée à Montréal. Parfois, ce serait agréable pour un joueur de ­passer incognito durant 48 heures et de pouvoir aller au cinéma avec sa femme en toute tranquillité.»

Mentalités différentes

Richer dit remarquer une différence de mentalité entre les amateurs ­francophones et ­anglophones.

«Là où je demeure, à Hudson, les gens m’envoient la main quand ils me voient au marché, mais ça finit là», raconte-t-il.

«Lorsque je vais à Vaudreuil, ça me prend deux heures pour faire ma ­commande. On me parle de hockey, de ci et de ça. C’est comique.

«Les gens qui me connaissent à ­Hudson respectent ma vie privée. Quelques kilomètres plus loin, à ­Vaudreuil, on me parlerait de hockey 24 heures par jour.»

Lafleur a tout dit

Là-dessus, Richer dit comprendre comment Carey Price peut se sentir dans certaines situations, mais bon, ça fait partie du métier, c’est la ­rançon de la gloire.

«Guy Lafleur a bien résumé la situation en parlant de Price quand il a ­déclaré que si on ne te reconnaît pas comme étant un joueur du Canadien, tu es dans la merde!» lance Richer.

«T’as un gros problème si tu passes inaper­çu. Même les joueurs de ­quatrième trio sont connus.»

Compte tenu de ses mauvaises expériences du passé, Richer pourrait ­vivre en faisant sa petite affaire, sans se soucier des amateurs.

Mais comme son idole Guy ­Lafleur, il redonne au public et il ne se cache pas. C’est d’ailleurs au restaurant Tutti Frutti de ­Lachenaie qu’il nous a conviés pour ce reportage.

Comme Guy Lafleur, il représente le Canadien dans plusieurs activités sociales.

Derrière l’image

Avec le recul, Richer se dit qu’il ­aurait voulu vivre à 26 ou 27 ans ce qu’il a vécu à 20-21 ans avec le Canadien.

À ses premières années, il n’avait pas la force de répliquer aux médisances que l’on disait sur lui.

On ne voyait que Stéphane Richer, le joueur de hockey. On se disait qu’il avait tout pour réussir, mais qu’il ­manquait de caractère.

On ignorait qu’il avait eu une enfance difficile, qu’il était mal dans sa peau et qu’il avait des idées suicidaires.

Sa mère a beaucoup souffert de ce que son fils a enduré.

«Elle possède tout ce qui s’est écrit sur moi, à partir du niveau atome jusqu’à mon dernier match dans la Ligue nationale, indique Richer.

«Il y en a pour 36 scrapbooks!»

Son épouse, avec qui il a convolé il y a environ deux ans, est tombée à la renverse en consultant ­certains articles.

Elle trouve son mari bien bon d’avoir tourné la page.

«Elle me demande comment je fais pour aller au Centre Bell et participer à des émissions de radio et de télévision», mentionne Richer.

«J’étais un peu naïf à 20 ou 21 ans. Je ne réalisais pas tout ce qui se passait.»

Dur pour les enfants

Malgré tout, il trouve le moyen de dire que ça aurait pu être pire quand il pense à Patrice Brisebois.

L’ancien défenseur était dans la trentaine quand il se faisait conspuer au Centre Bell.

«Quand ta fille te dit en rentrant à la maison que tout le monde rit de toi à l’école, c’est dur.»

Richer, lui, a même été hué par des enfants lors d’une séance d’entraînement ouverte au public, un dimanche après-midi, au Forum.

On l’avait ramassé à la petite cuillère dans le vestiaire.

Richer dit avoir joué des matchs sans vraiment trop se souvenir de ce qui s’était passé une fois rentré chez lui.

«Je tombais à quatre pattes ­aussitôt que je fermais la porte derrière moi», dit-il.

Pas toujours facile, la vie d’artiste!

Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.