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Le courage d’une femme

Elle survit au cancer grâce à un nouveau traitement

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Photo CDM Claude Cormier/L'Écho du Nord-Le Mirabel À son troisième diagnostique de cancer, Manon Thibault poursuit son combat avec beaucoup de détermination, bien entourée de son conjoint Vincent Robichaud et de son chien Peanut.

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Deux mois, c’est le sursis que les médecins donnaient à Manon Thibault résidente de Saint-Jérôme, pour vivre, à la suite d’un diagnostique de métastases au cerveau. Un an plus tard, le traitement Kadcyla, une toute nouvelle technologie approuvée, est son dernier rempart contre l’envahisseur.

Son premier diagnostique de cancer du sein lui fut annoncé il y a dix ans, elle en avait à peine 38. On lui a alors retiré une masse au sein gauche. 10 traitements de chimiothérapie ont eu raison de son cancer... pendant sept ans.

L’an dernier, le jour de son anniversaire, on lui a annoncé la mauvaise nouvelle : des métastases se sont logées dans son cerveau et un peu partout dans son corps. « Je n’y croyais tout simplement pas, j’étais effondrée. Le cerveau, c’est tous nos sens! », témoigne-t-elle. Une radiation totale ainsi qu’un traitement appelé <I>gamma knife<I> ont eu raison des métastases au cerveau. La bataille n’était toutefois pas gagnée.

Traitement révolutionnaire

En effet, des métastases avaient aussi assiégé différentes parties de son corps. C’est alors qu’on proposa à Mme Thibault un tout nouveau traitement, alors en phase d’approbation auprès de Santé Canada : le traitement Kadcyla de la compagnie Roche, aussi approuvé aux États-Unis.

La chimiothérapie, Manon Thibault connaissait, elle savait à quel point c’est exigeant et épuisant. Après huit traitements de Kadcyla, sa vie est plus normale. « Je n’ai aucun effet secondaire, si ce n’est la fatigue, et aucune perte de cheveux. Les résultats sont positifs, même si ça peut stagner », explique Mme Thibault

Pour le Dr Alain Bestavros, oncologue et directeur du programme d’oncologie médicale à l’Université de Montréal, il s’agit d’une révolution dans le traitement du cancer. « On peut dire qu’on entre dans une nouvelle ère pour traiter le cancer du sein. C’est très prometteur. Le Kadcyla cible les cellules cancéreuses et épargne les bonnes cellules », explique-t-il.

Présentement, le Québec ne rembourse pas encore ce traitement, donc les médecins ne peuvent pas encore le prescrire. Aussi, ce traitement n’est présentement approuvé que pour les stades avancés du cancer du sein, et non pour les stades précoces.

« Je suis une battante »

Présentement, Mme Thibault reçoit un traitement de Kadcyla offert par la compagnie Roche, toutes les trois semaines à l’hôpital Royal Victoria de Montréal, une séance qui dure une heure en tout. C’est le jour et la nuit versus les traitements traditionnels.

Manon Thibault voit la vie différemment et en profite pleinement, mais ce ne fut pas toujours le cas. « Pour être franche, au début de l’été, je n’aurais pas dit cela. J’ai cheminé beaucoup », dit-elle.

Elle affirme ne pas jouer les super woman cette fois-ci. « Contrairement à mon premier diagnostic, je parle ouvertement de ma maladie. Par contre, je refuse de m’apitoyer et je n’ai vraiment pas besoin d’être prise en pitié », souligne-t-elle.

Le soutien de ses proches et de l’équipe médicale est essentiel pour elle. « Je me considère chanceuse d’avoir des gens autour de moi, ce n’est pas le cas pour tout le monde », affirme-t-elle.

Super woman ou pas, Mme Thibault mérite qu’on souligne son courage. « J’ai dû apprendre à vivre avec la maladie. Je sais qu’elle sera toujours en moi, en dormance ou active », dit-elle.

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