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Qui a eu cette idée folle?

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La saison de la chasse est commencée. Et le gibier ne manque pas. Chaque automne, les parents et les enfants de la sixième année sont courtisés par les établissements scolaires privés et publics en prévision des études secondaires. Et croyez-moi, rien n’est trop beau pour attirer l’attention des familles.

La saison de la chasse est commencée. Et le gibier ne manque pas. Chaque automne, les parents et les enfants de la sixième année sont courtisés par les établissements scolaires privés et publics en prévision des études secondaires. Et croyez-moi, rien n’est trop beau pour attirer l’attention des familles.

La joute est féroce.

En arrivant au premier établissement qu’on a choisi de visiter, je me croyais au Salon du commerce à Expo Québec! Accueil avec ballons, tapis rouge, les anciens élèves, les membres des équipes sportives en costumes, café, boissons, biscuits chauds, et des tables pour expliquer chaque programme spécialisé. On met bien en évidence les sorties, les voyages, les activités spéciales, le parascolaire.

Je vous jure, j’ai pensé m’inscrire à la place de mon plus jeune...

Surenchère

L’école, dois-je comprendre, doit être cool, hot et techno. À l’image de notre société où le plaisir et le divertissement sont rois. Ici, un programme de plongée sous-marine ou de photo-vidéo; là, un programme de cheerleading ou encore d’orientation en forêt. Reste-il de l’espace pour les maths, la géo et le français?

Cette surenchère des établissements est sans aucun doute la réponse à la volonté des parents d’aujourd’hui d’en faire — et d’en offrir — toujours plus pour leurs enfants.

Mais si c’était trop?

Et pendant qu’on y est, est-ce bien nécessaire aussi ces innombrables tests de préparation aux examens d’entrée au secondaire? Sommes-nous vraiment de meilleurs parents en les contraignant à avoir de supernotes et en les enrôlant rapidement dans un engrenage de stress et de pression sans limites?

Je sais, nous vivons à l’ère de la performance. Mais nous sommes tellement obsédés par l’idée de réussir tout ce que nous entreprenons que nous sommes souvent devenus de véritables bourreaux pour nos enfants. Pas toujours consciemment, bien sûr. En théorie, nous les aimons et nous voulons leur bien, tout en leur imposant des agendas de premier ministre.

Être parent est presque devenu un sport de compétition. Nous voulons ce qu’il y a de mieux pour nos enfants et nous avons peur que cela ne soit jamais assez. Le problème, c’est que nous ne croyons pas suffisamment en nos capacités ni en les leurs.

Respect et confiance en soi

C’est fou, les gamins n’ont plus de temps à eux. On ne les laisse pas s’ennuyer. Jadis, il y a 40-50 ans, on n’accordait probablement pas assez d’attention aux enfants. Aujourd’hui, c’est le contraire. L’échec n’est plus une option et on ne respecte pas le rythme propre à chaque enfant.

À go, on prend une grande respiration, on se fait confiance et on remet le choix de l’école secondaire dans une perspective juste et logique.

Laissons aux enseignants la part qui leur revient, celle d’enseigner, et aux parents, celle d’éduquer. Le respect, la confiance en soi, la détermination sont des valeurs qui s’apprennent par l’exemple et l’expérience, à la maison, dans la vie quotidienne.

Et c’est au moins aussi important que l’école.

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