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Hugo Loriot — L'empereur, c'est moi

Dans la tête d’un enfant autiste

Hugo Horiot
© Courtoisie

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Le comédien français Hugo Horiot raconte l’histoire d’un enfant qui a mené une guerre sans merci contre lui-même et les autres — un enfant autiste Asperger — dans L’Empereur, c’est moi. Cette histoire prenante, poétique, révélatrice, unique... c’est la sienne.

Hugo Horiot, le fils de l’écrivaine Françoise Lefèvre qui a publié en 1990 Le petit prince cannibale, couronné par le Goncourt des Lycéens, replonge dans son passé d’enfant muré à l’intérieur de lui-même et raconte son parcours vers la liberté.

Lorsqu’il était enfant, il présentait les caractéristiques d’un enfant autiste Asperger: il jouait avec ses mains, évitait les autres, faisait tourner des roues, écoutait les bruits de la tuyauterie, vivait dans son monde, refusait de mâcher.

Sa mère a consulté en pédopsychiatrie, puis a pris la décision de le scolariser elle-même avant qu’il joigne les autres sur les bancs d’école. Années de cauchemar... jusqu’à ce qu’il décide de se battre avec les mots. Qu’il entre finalement à l’école de théâtre. Et que sa vie change.

Hugo Horiot apporte une vision à la fois explicative, poétique, littéraire, belle. «J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce livre. C’était aussi une délivrance. J’avais besoin de l’écrire», explique Hugo Horiot, joint en France. «C’est sorti comme un jet, à la vitesse de l’éclair. Je me suis isolé pendant deux semaines et j’ai sorti à peu près les trois quarts du livre. C’était une libération.»

La boîte des souvenirs

Tous les souvenirs qu’il évoque lui sont remontés à la surface, petit à petit. «J’ai commencé avec des souvenirs plus récents, et quand j’ai ouvert cette boîte des souvenirs, me revenaient des souvenirs précédents. Donc j’ai retrouvé des souvenirs, notamment vers quatre ans, que je pensais ne pas me rappeler, mais qui finalement ont ressurgi. Un peu comme un jeu de dominos.»

À son avis, bien peu de gens ont pu se sortir du carcan de l’autisme. «C’est malheureusement très rare en France parce qu’au niveau des prises en charge, on est très en retard. La seule méthode remboursée par la Sécurité sociale, c’est l’enfermement dans un hôpital psychiatrique, la mise en observation dans un hôpital de jour, qui ne conduit à rien.»

«Pourtant, il existe des méthodes comportementales qui donnent des résultats concrets, qui sont en vigueur aux États-Unis depuis 30-40 ans et qui ne cessent d’évoluer. Elles sont basées sur la stimulation, pour faire tout pour remettre les gens dans le monde, avec les autres. Et c’est un peu ce que ma mère a fait avec moi, sans le savoir. C’est-à-dire qu’elle a passé son temps à tenter de m’ouvrir, jusqu’à ce que je prenne la décision, petit à petit, de revenir au monde une seconde fois.»

Surstimuler

Il dit ne pas avoir de vocation à parler de l’autisme en général. «Je pense qu’il y a un autisme par personne. Donc je parle de mon histoire, de mon vécu. Pour moi, ça a été extrêmement difficile, mais je reste convaincu qu’il faut stimuler, même surstimuler, un autiste pour qu’il ait une chance de s’en sortir et d’accéder à une vie adulte autonome, une vie sentimentale, une vie professionnelle. J’ai été entouré d’amour. Il ne faut pas laisser tomber.»

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