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Insolite

Des toiles au vernis à ongles

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Artiste multidisciplinaire au style personnalisé, Geneviève P.M. Roy cherchait également à se distinguer avec un médium unique. Elle a donc peint plus d’une centaine de toiles avec du... vernis à ongles!

«J’ai besoin d’expérimenter. Je cherche toujours quelque chose de nouveau à créer, raconte celle qui peint ses ongles depuis son adolescence. Je ne sais pas si c’est unique, mais je n’ai trouvé aucun artiste canadien qui le fait.»

Plongée dans les odeurs toxiques de vernis depuis plusieurs mois pour laisser libre court à sa créativité, l’artiste bilingue de Saint-Constant avoue en riant qu’elle a été stone une grande partie de l’été.

«Je ne sais pas jusqu’à quel point c’est nocif ou dangereux pour ma santé, ajoute l’artiste de 28 ans, attablée devant plus de 150 vernis à ongles devant elle. Mais je ne pourrai pas peindre cet hiver, parce qu’il faut absolument ouvrir les fenêtres.»

Ses toiles sont réalisées à 95% au vernis à ongles, un stylo à encre noir servant à délimiter les formes et tracer les détails. L’artiste peint la plupart du temps avec le pinceau original du vernis à ongles, rarement avec ses doigts.

«C’est fait de plusieurs couches, il y a beaucoup d’étapes avant d’arriver au résultat final pour obtenir la couleur et la vibrance désirées», explique Mme Roy, qui a besoin d’environ deux semaines pour compléter un tableau.

Son art est constitué d’expérimentation, d’essais et erreurs et... de retouches!

«Ça demande beaucoup de travail. Il faut faire une première couche avec un vernis blanc. Il faut le faire aussi avec d’autres couleurs et superposer les couleurs, faire les détails. La couche finale, c’est pour mettre les brillants.»

La jeune femme doit aussi tenir compte de la perméabilité des vernis, de leur exposition à l’air et du fait qu’ils peuvent craquer.

«Le vernis entre à l’intérieur des toiles à cause de leur porosité et s’évapore. Je dois faire attention à la quantité de peinture que je mets et aussi pour être sûre que les couleurs qui sont en-dessous vont ressortir.»

Au fil du temps, l’interprète à temps plein dans une école de sourds et muets a développé des préférences pour certaines marques de vernis à ongles.

«J’adore Opi pour ses nuances holographiques qui captent les couleurs de l’arc-en-ciel», explique celle qui apprécie également les brillants métalliques de Densy ainsi que la palette des couleurs variées, perlées et très féminines de Lise Watier.

«J’adore aussi AnnaSui parce que les bouteilles sont esthétiquement adorables et que le vernis sent les roses!», ajoute-t-elle, à propos de ce produit vendu pour presque 20$ la bouteille.

Son talent au service des autres

Inspirée par ses nombreux voyages, l’art et le romantisme, Geneviève P.M. Roy peint des souvent des danseuses (de ballet ou autre) ainsi que des musiciens. La plupart du temps, on y voit des couples.

Sa signature artistique est de ne jamais faire de visages à ses personnages. «Je veux que les gens l’interprètent à leur façon et qu’ils puissent mettre leur propre expression, explique-t-elle. Depuis, ça préserve un certain mystère.»

Altruiste, l’artiste veut mettre son talent au service des autres. Les 18 et 19 octobre, elle présentera sa première exposition solo à la Galerie V-Trimont à Westmount. Une partie de la vente des billets, des œuvres d’art et du livre d’art regroupant ses toiles seront versés à l’hôpital Shriners. Vendredi, l’entrée pour le vernissage est de 10$ et inclut du vin et des bouchées.

«Ma mère m’a enseignée à aider les autres et je veux partager mon talent, dit-elle pour justifier son événement-bénéfice. J’ai choisi l’hôpital Shriners parce qu’une de mes amies qui a des problèmes de dos y a été bien soignée.»

Pour information:514-503-5525 ou genevievepmroy@gmail.com.

 

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