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Un bistro menacé pour avoir servi du phoque

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IMG_1488On s'attend à bien des choses, quand on est propriétaire de restaurant et qu'on interagit avec le public. Mais des menaces de mort? Ça, c'est quand même plus surprenant.

C'est pourtant ce qui est arrivé à Kim Côté et Perle Morency, sympathiques propriétaires du non moins sympathique bistro Côté Est, à Kamouraska. Il y a quelques semaines, ils ont dû fermer la page Facebook du restaurant et, plus récemment, ils ont même appelé les policiers après avoir reçu des messages inquiétants: des menaces d'incendier le restaurant et  des menaces de mort. Des touristes français sont même entrés dans leur restaurant, le temps de les traiter d'assassins et de ressortir en vitesse.

La raison? Le Bistro Côté Est sert du phoque. Plus précisément, ils servent un burger de phoque que le chef, Kim Côté, a appelé de façon un brin provocante le Phoque Bardot Burger.

Des activistes des droits des animaux - de France, en particulier - ne l'ont pas digéré. Et ont donc réagi à une violence qu'ils considèrent  inacceptable en... menaçant des humains de mort. (Voir le reportage de la station locale de TVA.)

J'ai du mal à voir la logique qui guide une telle réaction.

Le déchaînement de hargne de ces activistes a plus d'un côté absurde, à commencer par le fait de croire que la violence contre les humains serait acceptable en réaction à la consommation de viande animale.

Par exemple, pourquoi diable s'énerver ainsi contre la viande de phoque, plutôt que contre la viande de boeuf ou d'agneau? Le phoque serait-il un animal d'une plus grande valeur que les autres? Et si oui, sur quelles bases justifierait-on cette hiérarchie? Parce que le blanchon est plus mignon que les poulets?

Autre élément intéressant, Perle Morency disait que, lorsqu'elle a rattrapé les fameux touristes français qui les avaient traités d'assassins, elle avait dû leur expliquer que le phoque n'est pas une espèce menacée. Loin de là. Et les touristes étaient plutôt surpris d'apprendre la chose. Les activistes baseraient donc leur hargne sur une vision totalement erronée de la situation? Oserait-on même penser que l'information qu'ils répandent est volontairement fautive?

Du phoque, dans le golfe du Saint-Laurent, il y en a des masses. Il y en a même une surabondance.

Chaque année, on en tue des dizaines, voire des centaines de milliers, pour tenter de contrôler la croissance de la population - et de réduire la pression sur des stocks de poissons qui peinent à se renouveler.

Puisque c'est le cas, n'est-il pas mieux de servir la viande de ces phoques, qui seront tués de toute manière, plutôt que de l'enterrer dans un site d'enfouissement? La réponse me semble évidente. Mieux vaut manger ces animaux que de laisser leur chair partir en pure perte.

La démarche de ceux qui, comme Kim Côté et Perle Morency, servent de la viande de phoque, me semble en ce sens nettement plus cohérente que celle des activistes qui les ont menacés. En s'intéressant à l'équilibre des écosystèmes et au bien-être des animaux concernés, on serait nettement mieux de manger de la viande de phoque que du cochon d'élevage industriel - voire même du saumon d'élevage.

D'ailleurs, la question ne se pose pas seulement dans le cas de la viande de phoque. Le chef Normand Laprise, ces temps-ci, s'interroge aussi sur la grande quantité de viande de chevreuil et d'orignal qui part en pure perte, après que les chasseurs aient pris leurs trophées et quelques morceaux de choix. Ne devrait-on pas mettre en valeur les produits de la chasse, en permettant à des restaurants de servir de la viande sauvage?

Quoi qu'il en soit, je me ferai un plaisir de retourner chez Côté Est et de manger un Phoque Bardot Burger, dès que possible. Et je vous invite à en faire de même - et à découvrir, du même coup, toute la gamme d'excellents produits régionaux de la région de La Pocatière et de Kamouraska qui ont la part belle, à cette table très agréable.

3 commentaire(s)

Phil H. dit :
18 octobre 2013 à 11 h 21 min

Les phoques vivent en liberté. Les boeufs vivent en usine et sur un petit pâturage.

Les phoques sont tués de façon barbare (harponnage et coups de bâton jusqu'à la mort). Les boeufs sont tués rapidement et presque sans souffrance (pistolet qui perce un trou dans le crâne).

On le sait tous que ça serait mieux d'être végétarien, mais on n'est pas toujours capable de le devenir. On ne sait pas comment rendre aussi appétissant les protéines végétales. En même temps, c'est difficile d'être un peuple végétarien si notre économie dépend des productions animales. Si la température favorisait les productions végétales, le transfert serait plus facile.

Pour l'instant, je suis assez d'accord pour encourager les produits locaux.

Selkie dit :
25 octobre 2013 à 9 h 54 min

@Phil H

Normalement, s'il est réalisé correctement un coup de hakapik tue le phoque instantanément.

Kplourde dit :
25 novembre 2013 à 16 h 48 min

J'ai comme une impression que les personnes qui cries a s'arracher les cordes vocales , main dans la main avec brigitte bardot se gave dans un café de foie gras élevé de façon humaine. Un boeuf , un poulet, un phoque, un canard , un porc , du poisson, etc. Peut importe ce que l'on mange en viande protéine un animal va souffrir, aussi bien manger un animal qui a vécu dans un milieu naturel qu'un qui a eté élevé industrialiser.

Ma philosophie bonne journée