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Michel Lessard — Québec éternelle

Magnifique voyage dans le temps

Michel Lessard

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L’historien Michel Lessard, assisté de Pierre Lavoie et de Patrick Altman, invite les lecteurs à un superbe voyage dans le temps dans Québec éternelle, un beau livre rassemblant une quantité phénoménale d’images anciennes de Québec et de la grande nature qui l’entoure.

«Je pense que le livre, sans prétention, est remarquable. C’est un livre très étonnant. Avant qu’on refasse un ouvrage sur Québec de si haute qualité, il va couler de l’eau sous les ponts et il va falloir trouver l’éditeur qui mettra l’argent!» s’exclame d’entrée de jeu l’historien Michel Lessard, 72 ans, communicateur culturel dont le travail a été salué par de nombreux prix.

L’historien, avec la collaboration de Pierre Lavoie et de Patrick Altman, a ratissé dans les fonds de photos, dans leurs collections privées, dans les institutions publiques, dans les musées et dans toutes les institutions religieuses comme le Séminaire de Québec, les Ursulines, l’Hôpital général, l’Hôtel-Dieu, pour rassembler des images étonnantes de Québec. Il a épluché les archives du studio de photographie des Livernois, en affaire à Québec de 1854 à 1974. «Québec a toujours été très soignée par les photographes, surtout les premiers photographes», note-t-il.

Les auteurs ont recensé ce qui a été fait dans les 50 premières années de la photo. «On a essayé de trouver les images dans les différents fonds, de les rassembler et de sélectionner celles qui nous paraissaient les plus représentatives. Les photographes ont produit des images pour ce pour quoi ils avaient de l’affection, de la tendresse et ce qui, à leurs yeux, semblait le plus représentatif de Québec, ce qui tenait de la fierté et de l’exotisme de notre ville.»

Ils ont sélectionné ce qui leur paraissait le meilleur. «On arrive à quoi finalement? On arrive à déterminer ce que le maire Labeaume cherchait il y a quelques années en faisant venir Rapaille pour identifier ce qu’il appelait le branding de Québec. La marque d’une ville, ce sont les artistes, les peintres, les photographes, les poètes, les littéraires, les chansonniers, etc. Ce sont les artistes qui définissent l’âme d’une ville. Ce n’est pas le commerce et ça ne se définit pas en cinq minutes. C’est un construit culturel qui, finalement, a été modelé par l’histoire et qui est signé par l’expression artistique. Ce livre-là a essayé de dire ce qui signait Québec.»

Une ville près de la nature

Michel Lessard explique que Québec se résume en trois choses que les photographes ont très bien saisies dans leur pratique photographique et dans leur commercialisation d’image: une ville française — une sorte d’acropole à clochers, une ville militaire, contribution des Britanniques, et une ville très près de la nature.

«Quand on additionne ces trois éléments, ça nous donne les caractères particuliers de la ville de Québec. Je pense que Québec est une acropole verte et bleue. Le côté grande nature de la ville de Québec a un potentiel extraordinaire.»

L’âme de la ville

Les images sont émouvantes: on voit les édifices de l’époque, mais aussi les gens. Au-delà de la photo d’archives, c’est toute la vie de cette période qui est mise en lumière. «Dans chacun des sept chapitres, j’ai fait des galeries de portraits. On retrouve la bourgeoisie, mais aussi les artistes de Québec comme Louis Fréchette, Octave Crémazie, Cornelius Krieghoff. J’ai fait une galerie avec les travailleurs, avec les Amérindiens. On a essayé de rendre ça vivant et de montrer une ville qui a une âme.

«Un des grands défis qu’on a eu à relever, c’est de produire un ouvrage où on voulait saluer la photographie comme médium esthétique. Il fallait qu’on trouve des images qui étaient de grandes œuvres d’art et qui pouvaient en même temps sustenter le grand public pour leur contenu documentaire, pour ce qu’elles apportaient à la connaissance de la ville de Québec.»

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