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La Colombie, une jungle aux 1001 visages

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SAN AUGUSTIN, Colombie | Telle l’émeraude extraite de son sol, la Colombie, d’un point de vue touristique, est une pierre précieuse à l’état brut: des villes coloniales bordées par les Caraïbes, des forêts tropicales renfermant des trésors des temps passés et habitées par des peuples autochtones d’une grande générosité.

Toutefois, la Colombie n’est pas synonyme d’hospitalité. Et pour cause, la jungle colombienne a fait la une des quotidiens du monde entier comme terre d’accueil des narcotrafiquants pendant plusieurs décennies. Une perception que ce pays tente de modifier afin de se tailler une place au soleil comme ses voisines panaméenne et brésilienne.

C’est d’ailleurs en plein cœur de cette flore luxuriante et étonnamment accueillante que commence notre découverte du «nouveau» visage de la Colombie. Ce survol de la jungle colombienne nous parachute d’abord sur la côte Caraïbes, bordée de la Sierra Nevada puis, vers le sud, à San Augustin, dans le département de Huila.

Prologue à la jungle colombienne: Santa Marta

Coups de klaxon, terrasses sur la grande place publique, couchers de soleil splendides et ville coloniale en pleine cure de rajeunissement, voici la façon de décrire Santa Marta. L’ambiance est à la fête et l’esprit «caribe» est omniprésent. Située à moins de deux heures à vol d’oiseau au nord de la capitale Bogota, cette ville portuaire du département de Magdalena a vécu quelque peu dans l’ombre de sa voisine Cartagena. Santa Marta est pourtant un point d’ancrage parfait pour explorer deux facettes de la jungle colombienne, soit celle du parc national de Tayrona et celle du peuple kogi.

Bordée par la mer des Caraïbes et la Sierre Nevada, Santa Marta est la première ville construite par les Espagnols en Amérique du Sud en 1525.

En plein cœur de la place publique trône la statue de Simon Bolivar, à qui l’on doit l’indépendance de plusieurs anciennes colonies espagnoles. Le «Libertador», bien en selle sur son cheval, veille sur la région de Santa Marta, où il a rendu l’âme en 1830. Une balade en fin d’après-midi est un must. La lumière du crépuscule promet des clichés magnifiques et vous assure les premières loges pour assister au coucher du soleil.

La jungle balnéaire du parc naturel national de Tayrona

Cet endroit est légendaire pour la beauté de ses plages, la diversité de sa faune et sa flore. Avant d’accéder aux eaux cristallines et aux bancs de sable blanc, vous devez mériter votre dû et traverser quelques kilomètres en pleine jungle. Comme le parc reçoit plus de 200 000 touristes par année, vous ne vous sentirez pas totalement comme Indiana Jones! Au son des cris des singes hurleurs, vous avancerez pendant plus d’une heure avant d’atteindre la plage d’Arrecifes. Continuez votre expédition de quelques minutes et vous pourrez admirer la lagune La Piscina, délimitée par une barrière de corail.

Pour les plus aventureux, d’autres plages et un site archéologique, El Pueblito, sont accessibles à pied. Prévoyez toutefois quelques bouteilles d’eau supplémentaires.

Dans ce parc fondé en 1969, vous pouvez camper, louer un hamac et déguster des ceviches les deux pieds dans le sable, avec comme panorama la mer turquoise. Pour les plus fortunés, quelques ecolodges, des huttes de luxe bâties à même la falaise, offrent une vue inoubliable sur l’immensité de la nature.

La jungle du peuple kogi

Les Kogis sont un des peuples autochtones qui habitent la Sierra Nevada de Santa Marta depuis la nuit des temps. Physiquement, ils sont petits, ils ont la peau foncée, de longs cheveux noirs et ne sont habillés que de blanc. Ils habitent des huttes et leurs chefs s’appellent: les Mamo.

Les Kogis vivent en symbiose avec la nature. Ils se disent les protecteurs de la Sierra Nevada, savent en tirer ce dont ils ont besoin et nous mettent en garde contre notre usage abusif des ressources naturelles, nous, qu’ils surnomment les «petits frères». Les rencontrer est un privilège, et il faut d’abord avoir l’accord du Mamo. Avant d’entreprendre une marche de trois heures à travers la jungle, sous une chaleur humide, il vaut mieux se préparer. Notre guide, Mulkuabi, un jeune homme de 32 ans, est un Kogi. Il a habité la Sierra Nevada pendant 19 ans avant d’être chassé par la guérilla. Maintenant, avec sa femme et sa fille, il vit à Santa Marta. Connaissant les mœurs et coutumes de cette société, il est en mesure de nous présenter au Mamo du village.

Fait particulier, les hommes kogis, comme notre guide d’ailleurs, portent tous à la ceinture un sac de feuilles de coca et un «poporo», une gourde dans laquelle on retrouve une poudre blanche extraite d’un coquillage. Le mélange de la feuille de coca mâchée et de cette poudre compose une pâte que ces autochtones consomment.

Les Kogis sont accueillants et, si le Mamo vous apprécie, il vous remettra un bracelet, un gage de bonne fortune justifié par votre aura positive. Cette randonnée à travers la jungle de la Sierra Nevada de Santa Marta est assez ardue, prévoyez une journée (et de bonnes chaussures) afin de vivre une expérience enrichissante chez ces «gardiens de la terre».

Vers le sud: en route vers la jungle funéraire de San Augustin

Le département de Huila, au sud du pays, cache le parc archéologique de San Augustin, un impressionnant témoignage de la civilisation précolombienne. Entourées d’une végétation dense, d’immenses statues, gardiennes des tombes, font le guet depuis quelques millénaires.

Pour vous y rendre, il faut aller jusqu’à Neiva, principal centre économique de la région. La route vers San Augustin, qui se parcourt en près de cinq heures, offre des vues en plongée du fleuve Magdalena, le plus important fleuve de Colombie. En route, on observe de nombreux «paraderos», de petits kiosques où il est possible de casser la croûte, de boire un jus ou un café. D’ailleurs, le département de Huila regorge de plantations de café, boisson qui est dégustée assez diluée et avec beaucoup de sucre.

Lorsque l’on arpente le parc archéologique de San Augustin, patrimoine de l’UNESCO, et ceux des environs de San Jose de Isnos, on baigne dans la mysticité: selon les estimations, on retrouve près de 500 statues dont 60 % seraient toujours enfouies sous nos pieds. Un témoignage du passage d’un peuple d’agriculteurs autochtones voué à un culte indiscutable.

Malheureusement pour les curieux, plusieurs questions restent sans réponse quant à leur vie quotidienne ou quant à leur disparition du territoire plus de 1000 ans après J.-C. Nous savons toutefois que ces statues étaient originalement peintes de couleurs vives, qu’elles étaient de formats et de représentations différents – les plus grandes mesurant de cinq à sept mètres et la plus petite deux centimètres. Ces artistes funèbres passaient leur vie à préparer la mort à travers la sculpture de ces monuments souvent réservés aux dignitaires de cette société.

La visite en est une aussi spirituelle qu’archéologique. Lorsque la brise se lève sur ces collines et sous le regard figé des gardiens de ces cimetières, on a immanquablement l’impression que les esprits d’antan profitent de l’impressionnant panorama de la haute vallée du Rio Magdelena pour saluer les visiteurs.

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