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Les mystères de l’affaire Benoît Roberge

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On ne cesse d’en apprendre chaque semaine sur les trahisons de l’ex-policier du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) Benoît Roberge.

On ne cesse d’en apprendre chaque semaine sur les trahisons de l’ex-policier du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) Benoît Roberge.

Chacune de ses révélations épaissit un peu plus le mystère sur la nature exacte de ses actions criminelles et sur leur étendue au sein des unités spécialisées de la police. Cette fois, on apprenait que Roberge aurait essayé de «vendre» au Hells Angels René «Balloune» Charlebois le délateur clef du procès SharQc Sylvain Boulanger. Une information qui rappelle bien étrangement l’affaire Claude de Serre, un informateur de la Sûreté du Québec et du SPVM qui a été assassiné en février 2000 par nul autre que René Charlebois et un autre homme dont l’identité n’a jamais été révélée. Rappelons que, à l’époque, Benoît Roberge avait pour informateur René Charlebois, avec qui il entretenait de bien curieuses relations, juste avant que ce dernier s’évade et se suicide en octobre dernier.

2010

On nous a dit que Roberge aurait débuté ses actes criminels en 2010. Or, à cette date, le méga coup de filet du dossier SharQc avait eu lieu, et Sylvain Boulanger avait déjà donné la plus grande part des informations cruciales du dossier. La logique voudrait donc que ce soit bien avant 2010, au moment où les relations entre les policiers et Sylvain Boulanger étaient au plus haut, que Benoît Roberge se serait risqué à monnayer la vie de l’informateur. Quel intérêt sinon, à part la vengeance et l’exemple, auraient pu avoir les Hells Angels à payer le gros prix et à prendre des risques énormes pour éliminer cet homme une fois le dossier bouclé? Pour l’empêcher de se rendre au procès, certes, mais ses déclarations assermentées auraient alors fait foi.

Et revenons à Claude de Serre, dont les circonstances de la mort restent encore très mystérieuses et qui a été tué lors d’un scénario correspondant à celui de Sylvain Boulanger. Est-il stupide de penser que cet informateur, à qui est lié le nom de Roberge et qui a été tué pendant qu’il était sous surveillance policière, aurait pu, lui aussi, être vendu par un policier? Il y a assez de liens objectifs entre ces affaires pour que n’importe quel enquêteur digne de ce nom cherche à vérifier cette piste et que l’on s’intéresse de plus près aux actes de Benoît Roberge bien avant la période actuellement citée.

ENTENTE

Roberge, qui semble avoir choisi le camp des voyous, campe actuellement sur ses positions et propose une entente pour régler son affaire. Cela signifie qu’il détient des informations importantes qui pourraient avoir de lourdes conséquences pour les policiers et la justice. Benoît Roberge est donc loin d’avoir livré tous ses secrets. Il semble d’ailleurs que ce dossier ne soit pas un cas isolé, en plus de l’affaire Ian Davidson, de policier corrompu ces dernières années au sein des unités spécialisées telles que Carcajou (c’est ainsi que l’on nommait auparavant ce qui est maintenant l’Équipe régionale mixte). Des unités spécialisées auxquelles sont reliés, de près ou de loin, des faits plutôt inquiétants.

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