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Les Micro-humains

La théorie de l’évolution revue et corrigée par Bernard Werber

La théorie de l’évolution revue et corrigée par Bernard Werber
Photo courtoisie Bernard Werber

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Bernard Werber ne connaissant pas le syndrome de la page blanche, il revient en force avec Les Micro-humains, la suite très attendue de Troisième humanité.

Bernard Werber ne connaissant pas le syndrome de la page blanche, il revient en force avec Les Micro-humains, la suite très attendue de Troisième humanité.

L’an dernier, après avoir publié Troisième humanité, Bernard Werber ne savait pas encore à quel moment le deuxième tome de ce cycle franchement déconcertant risquait de paraître en librairie. Comme il nous l’a alors expliqué au cours d’un sympathique entretien téléphonique, tout allait dépendre de l’accueil que lui feraient ses fans. Et il faut croire qu’il a été plutôt bon, puisque 12 mois plus tard seulement, on a déjà droit à la suite.

«Via Facebook, de nombreux lecteurs m’ont cependant assuré qu’il n’était pas nécessaire d’avoir lu Troisième humanité pour apprécier Les Micro-humains, souligne le prolifique écrivain français, qu’on a une fois de plus pu joindre par téléphone. Bref, on peut très bien commencer par le second volet avant d’attaquer le premier!»

DE L’HOMO SAPIENS À L’HOMO METAMORPHOSIS

Dans un cas comme dans l’autre, Bernard Werber nous oblige à sortir la tête du sable pour réfléchir à l’avenir de notre espèce. Non seulement parce qu’on se multiplie à une vitesse effroyable – selon une étude de l’Institut français d’études démographiques parue en octobre dernier, la population mondiale pourrait passer de 7 milliards à 10 milliards d’habitants d’ici 2050! –, mais parce qu’on malmène sérieusement notre belle planète sans trop se soucier des générations futures. Dans Troisième humanité et Les Micro-humains, la Terre intervient d’ailleurs régulièrement en aparté pour nous expliquer à quel point elle en souffre!

À l’instar de plusieurs sommités du monde scientifique, le jeune biologiste français David Wells se penchera ainsi sur les développements possibles de l’humanité et après avoir étudié la question à fond, il sera foncièrement convaincu que l’homo sapiens a tout à gagner en perdant une bonne centaine de centimètres.

«Plus la température extérieure augmente, plus la végétation diminue, rappelle Bernard Werber. Et moins il y a à manger, plus les êtres vivants ont tendance à rétrécir...»

Avec l’appui du président de la République, un cocaïnomane patenté avide de pouvoir, David se mettra donc à fabriquer en laboratoire des humains mesurant à peine 17 cm. Depuis un an, l’entreprise Pygmée Prod, dont la devise est «On a toujours besoin de plus petit que soi», connaît d’ailleurs une croissance fulgurante. Grâce à leur taille réduite, les Emachs (ça se prononce M.H., pour micro-humain, et non pas iMac, comme on le pensait!), qu’on peut louer à l’heure, accomplissent en effet quantité de miracles partout dans le monde: libérer des mineurs pris au piège dans des galeries souterraines, pratiquer de délicates opérations chirurgicales réclamant de minuscules doigts, refroidir le cœur de réacteurs nucléaires, etc.

Mais Emma 109, la micro-humaine qui a réussi à intercepter un missile lancé contre Ryad, n’est jamais revenue au bercail. Un petit problème de logistique qui ne tardera pas à prendre des dimensions critiques... pour le plus grand plaisir des lecteurs!

RETOUR SUR LE FUTUR

«En fait, je crois que notre espèce est arrivée à son degré de maturation, explique Bernard Werber. Je ne me souviens pas exactement dans quel tome elle figure, mais j’ai écrit cette phrase, qui résume assez bien la démarche de David et l’essence de la prochaine humanité: “Avant, nous avions une évolution subie et maintenant, nous avons une évolution choisie.” Autrement dit, nous pouvons choisir dans quelle direction nous allons évoluer alors qu’avant, on subissait les volcans, les épidémies de peste ou la famine.»

Contrairement à David, Bernard Werber ne pense cependant pas qu’après nous avoir servi de berceau, la Terre va se transformer en cercueil. «Moi, j’espère plutôt qu’on va essaimer, qu’on va quitter la Terre pour passer à l’évolution choisie en allant créer ailleurs quelque chose de mieux», confie-t-il.

Car même si on ne sait pas encore ce que les deux prochains tomes de ce nouveau cycle nous réservent, on craint déjà le pire. «Avec ce qui va arriver à la fin du quatrième tome, il ne peut pas y avoir de cinquième tome, reconnaît Bernard Werber. J’essaie toujours d’être imprévisible, de trouver des solutions auxquelles personne n’a songé.» Mais pour en savoir plus, il va hélas devoir falloir attendre encore un an...

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