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Oui, je suis soumis à des tests

bloc sotchi Alex Harvey

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Les athlètes canadiens figurent parmi ceux qui subissent le plus de tests antidopage, surtout en ski de fond, et c’est parfait ainsi. Maintenant, je souhaiterais que cette sévérité s’applique à tous les pays.

Les athlètes canadiens figurent parmi ceux qui subissent le plus de tests antidopage, surtout en ski de fond, et c’est parfait ainsi. Maintenant, je souhaiterais que cette sévérité s’applique à tous les pays.

Malheureusement, on sait bien que ce n’est pas encore le cas. Je ne suis pas certain que les Russes soient aussi surveillés que nous. Oui, ils subissent à l’occasion des tests commandés par la Fédération internationale de ski (FIS), mais par leur propre fédération?

Je ne veux pas entretenir de préjugés, mais les athlètes qui se font pincer pour cas de dopage proviennent souvent d’Estonie, de Pologne, de la République tchèque ou de Russie. Je veux bien accorder le bénéfice du doute, mais vient un temps où il est bien difficile de ne pas avoir de soupçons.

J’ai déjà terminé quatrième aux championnats mondiaux juniors, mais j’avais plus tard reçu une médaille de bronze par la poste. Le Tchèque qui avait fini deuxième avait échoué un test antidopage.

Un ex-champion olympique, Andrus Veerpalu, d’Estonie, a été déclaré positif en 2011. Deux Russes, champions olympiques en 2006, ont ensuite obtenu des tests positifs à l’EPO. C’est dans ce même genre de circonstances que la Canadienne Beckie Scott, qui avait terminé troisième aux Jeux en 2002, a finalement hérité de la médaille d’or parce que les deux Russes devant elles ont ensuite eu des résultats positifs.

À 6 h du matin

Il est connu que le ski de fond, le cyclisme et l’athlétisme représentent les sports les plus à risques. Je ne sais pas si c’est parce que je suis plus en vue que d’autres, mais je suis très surveillé. La FIS nous fait subir beaucoup de tests, mais encore plus proviennent du Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES).

Dans mon cas, le plus souvent, les tests inopinés se déroulent à 6 h du matin. À 5 h 55, j’entends arriver la voiture devant la maison. Je dois alors fournir des échantillons d’urine et de sang. Ça arrive aussi autour de 18 h, lorsque je m’apprête à souper.

C’est parfois ennuyant, mais je l’accepte. Une journée de repos, j’avais prévu faire la grasse matinée, mais ça frappe à la porte à 6 h...

Je comprends

Je comprends que mes résultats internationaux m’exposent à une vérification serrée. C’est normal aussi que je doive fournir un calendrier détaillé, indiquant où je vais me trouver durant le mois. Si les responsables des tests se pointent à un endroit et que je n’y suis pas, ils attendront 60 minutes. Ne pas me présenter correspond à un test échoué. Rater trois occasions de ce genre peut me valoir une suspension de deux ans.

Je ne suis pas de ceux qui prétendent que ces mesures correspondent à une atteinte à la liberté. Je considère plutôt que participer aux Jeux olympiques ou à d’autres compétitions internationales n’est pas un droit, mais bien un privilège...

- Propos recueillis par Alain Bergeron

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