/homepage
Navigation
Saveurs d’ici

Un pigeon qui mène loin

saveurs - rémi charest - ferme trulo
photo courtoisie, rémy charest « Si on veut travailler sans antibiotiques et avoir un troupeau en santé, il faut améliorer le bien-être de l’animal. Il faut lui donner le maximum de confort. Et il ne faut pas qu’il y ait de stress. »

Coup d'oeil sur cet article

Quand Rhéa Loranger et Nicolas Turcotte se sont lancés dans l’aventure agricole, en 2004, ils ont choisi un créneau pour le moins spécialisé: le pigeonneau.

Quand Rhéa Loranger et Nicolas Turcotte se sont lancés dans l’aventure agricole, en 2004, ils ont choisi un créneau pour le moins spécialisé: le pigeonneau.

Prenant la relève d’un producteur qui se retirait, le jeune couple se retrouvait avec une volaille rarement vue hors des grands restaurants.

Aujourd’hui, si le pigeonneau reste une signature essentielle de la ferme, la majorité des revenus provient des quelque 2000 porcs de grande qualité qui sont mis en marché, tant en viande fraîche qu’en produits de charcuterie. Et là aussi, la production a d’abord été lancée, au début 2009, avec un produit très spécialisé: le porcelet de lait, destiné au départ aux restaurants gastronomiques qui achetaient déjà du pigeonneau.

L’aventure du porcelet de lait a ensuite donné lieu, en 2010, à la production de porcelet de grain et, de plus en plus, à celle du porc adulte.

«Au départ, on faisait entre 100 et 120 porcelets de lait. Aujourd’hui, on n’en fait plus qu’une cinquantaine par année, mais on fait 800 porcelets de grain. On s’est autocompétitionnés», explique Nicolas Turcotte.

Si la viande de porcelet de lait est plus fine, elle est aussi plus coûteuse et pratiquement réservée aux restaurants gastronomiques, ce qui explique pourquoi le porcelet de grain a connu une plus grande progression, en rejoignant les bistros et la vente en boucherie.

Plus persillée que la plupart du porc que l’on trouve sur le marché, la viande Turlo enthousiasme de nombreux chefs partout au Québec. Elle rejoint de plus en plus le grand public, aussi, notamment, grâce à la popularité des méchouis.

«Ça a vraiment explosé, récemment», expli­que Rhéa Loranger, en soulignant que les gens apprécient le côté spectaculaire d’un porc entier cuit à la broche – ce qui, en retour, fait une belle publicité au producteur.

Qualité et bien-être

Le secret de la qualité des viandes Turlo tient à un grand principe: le bien-être animal.

Nicolas Turcotte et Rhéa Loranger travaillent sans antibiotiques et sans hormones de croissance, et ils donnent plus d’espace aux cochons que les normes les plus élevées de l’industrie, tant par la grosseur des enclos que pour l’accès aux mangeoires. On ne coupe pas non plus les dents ou les queues, comme c’est le cas dans la plupart des élevages industriels.

Si les animaux vont bien, la viande sera bonne. «Si on veut travailler sans antibiotiques et avoir un troupeau en bonne santé, il faut améliorer le bien-être de l’animal. Il faut lui donner le maximum de confort. Et il ne faut pas qu’il y ait de stress.» Ça coûte plus cher, bien sûr, mais «les cochons me le rendent bien», conclut Nicolas Turcotte.

Le couple a aussi aménagé un espace de production sous la jolie maison ancestrale de sa ferme, histoire de gérer lui-même la qualité de la découpe et la préparation des divers produits. «Je dis à mes clients que j’ai la meilleure certification possible: c’est certifié Turlo. On élève nos animaux, on les emmène nous-mêmes à l’abattoir, qui est à 12 km de la ferme, et on travaille tout nous-mêmes. Il n’y a pas une étape qu’on ne contrôle pas», insiste Nicolas Turcotte avec fierté.

 

Commentaires