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Imbécile heureux

Gilles Parent

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Malgré ses frasques avouées − et celles encore à découvrir −, le maire de Toronto continue de s’accrocher au pouvoir, tel un King Kong au sommet de la tour CN tenant dans sa main une poupée Bubble Head à son effigie − qui existe pour vrai. Malheureusement.

Malgré ses frasques avouées − et celles encore à découvrir −, le maire de Toronto continue de s’accrocher au pouvoir, tel un King Kong au sommet de la tour CN tenant dans sa main une poupée Bubble Head à son effigie − qui existe pour vrai. Malheureusement.

La feuille de route de Rob Ford est déjà passablement remplie : consommation de crack, fréquentation de criminels, de prostituées, menaces de mort et conduite en état d’ébriété.

Sachez que, malgré tout, 40 % des Torontois appuient encore Rob Ford. Le maire de Toronto est, entre autres, soutenu par la Ford Nation. Sorte de Nordiques Nation, mais dont le discours est inverse: ils prennent d’assaut l’espace public pour militer contre le départ de Rob!

J’espère tellement que nous ne sommes pas résignés face aux politiciens pour en finir par accepter leurs folies et leurs écarts de conduite, quels qu’ils soient, en se disant qu’ils sont tous pareils au fond? Ce serait bête.

Fond du baril

La carrière de l’actuel maire de Toronto est maintenant ruinée. Ruinée par ses écarts à répétition, la disgrâce, autant éthique que morale, dans un vaudeville grotesque qui aura permis au monde entier de ridiculiser la plus grande ville canadienne, en montrant bien sûr, en parallèle, son incapacité à stopper les agissements de son magistrat.

Ford a atteint le fond du baril; de bière et de poulet frit, probablement.

Il entend maintenant s’adresser aux tribunaux pour régler ses comptes. Le problème, c’est qu’ils ne pourront l’aider. On n’apprend pas les bonnes manières, la classe et la bonne conduite dans une cour de justice. Au fait, parlant de la justice, en Ontario, comme au Québec d’ailleurs, aucune loi ne permet de révoquer un maire qui déconne.

Le pire, c’est que les médias, autant les généralistes que les réseaux sociaux, ont été complices de la création et de l’enflure du personnage.

Qu’est-ce que ça prendra pour que son poste soit réellement mis en danger? Qu’il boive du lave-glace...?

Il ne faut absolument pas que Ford reste, sinon on devra parler de Toronto comme la Ville reine de l’inconscience. Il a même réussi à décevoir Don Cherry, c’est tout dire!

Fable

Enfin, permettez-moi de partager avec vous le fruit d’un exercice que m’a inspiré ce bouffon écervelé, en lien avec une célèbre fable de Lafontaine, rebaptisée pour l’occasion: « Le bœuf qui veut se faire aussi petit qu’une grenouille »

Un bœuf multipliait les méfaits à sa taille

Se comportait comme la plus vile racaille.

Pris, pitoyable, repentant, il voit une grenouille

Sitôt il se plie, se contorsionne, s’agenouille

Pour se faire tout petit et obtenir son pardon

Mais voyant que ce moyen n’est pas le bon

Il reprend vite ses instincts de taureau

Il piaffe, il beugle, refait son numéro

Il perd la tête, il voit rouge

Fonce sur tout ce qui bouge

Mais, n’empêche, quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse

Il reste encore et toujours l’éléphant dans la place.

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