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SAGIR

On devient « prisonnier », dit le ministre

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QUÉBEC | Le développement du projet SAGIR a rendu le gouvernement «prisonnier» et «son rapport de force est déséquilibré» avec le privé, évalue le ministre et président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard.

Même si le CSPQ martèle ne pas être dépendant du privé, le succès de SAGIR dépend grandement de ces neuf spécialistes Oracle puis­qu’ils sont les seuls à être autorisés à intervenir sur le code source.

Les droits d’auteurs empêchent les gestionnaires du gouvernement d’y avoir accès, assurant ainsi le recours continuel aux interventions de ces consultants.

«Ça démontre la nécessité pour le gouvernement de rapatrier à l’interne», a réagi M. Bédard.

«Oracle a la propriété intellectuelle et ce sont eux qui peuvent faire les modifications au code sou­rce», explique-t-il. C’est pourquoi il souhaite miser davantage sur des logiciels libres qui permettent de modifier le code source sans avoir recours à des spécialistes du privé.

Complètement dépendant

«Je ne peux pas arriver et décider de mettre SAGIR à terre. Si on décidait de choisir une nouvelle technologie, ça coûterait encore plus cher en frais de transition. On devient littéralement prisonnier des technologies» choisies dans le passé, poursuit M. Bédard.

«Le rapport de force n’est pas très grand, ajoute-t-il. C’est l’œuvre des libéraux. […] On est complètement dépendant.»

Le député de la Coalition Avenir Québec, Chris­tian Dubé, est aussi préoccupé. «C’est beau­coup d’argent, dit-il. Ça devient gênant de les payer à ce prix s’ils sont là sur une base régu­lière.»

«Puisque seuls ces consultants peuvent intervenir dans le code source, c’est comme dire qu’ils gardent le gouvernement prisonnier et qu’ils l’obligent à payer. La journée où on commence à trop jouer dans le code source, on devient dépendant», ajoute-t-il.

«Au départ, il aurait peut-être fallu choisir un progiciel plus proche de nos besoins pour éviter d’aller trop intervenir dans le code source. Là, le gouvernement s’est fait embarquer.»

Le Parti libéral du Québec, qui a lancé SAGIR en 2005, n’a pas voulu commenter.

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